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Les Départementales 2015 - Analyse et bilan

Dans Collectivités territoriales 

Les élections départementales ont eu lieu les 22 et 29 mars dernier. Prévues normalement en 2014, elles ont été décalées d'un an pour ne pas surcharger l’agenda électoral qui comprenait déjà les municipales et les européennes. L'idée avait ensuite été évoquée de regrouper les départementales avec les régionales à la fin 2015, mais cela aurait trop allongé la durée du mandat des conseillers généraux.
Ces hésitations concernant la date des élections ont mis en évidence d’autres hésitations. En avril 2014, fraîchement arrivé à la tête du gouvernement, Manuel Valls avait annoncé devant l’Assemblée nationale la suppression des conseils départementaux à l’horizon 2021.
Pourtant, en octobre, il n’était déjà plus question de supprimer les 101 départements métropolitains, mais seulement d’en réduire le nombre « de moitié », précisait le chef du gouvernement.
A Pau, en novembre 2014, face aux conseillers généraux réunis, à l’occasion du congrès de l’Assemblée des départements de France (ADF), le premier ministre s’était transformé en défenseur du département, soulignant le « besoin de cet échelon intermédiaire » entre les régions et les communes. Il rappelait qu' « après 2020, le paysage territorial aura évolué. Les régions se seront approprié leurs nouvelles compétences ; les intercommunalités structureront – plus encore qu’aujourd’hui – les territoires. Alors, le cadre départemental pourra évoluer. Nous devons le faire sereinement, et par étapes. »
Le Premier ministre devait également évoquer trois solutions pour les départements :

  • Dans les départements dotés d'une métropole, comme Lyon, la fusion avec l'intercommunalité « pourrait être retenue ».
  • Lorsque le département compte des intercommunalités fortes, « les compétences départementales pourront être assumées par une fédération d'intercommunalités ».
  • « Dans les départements, notamment ruraux - où les communautés de commune n'atteignent pas la masse critique, le conseil départemental sera maintenu, avec des compétences clarifiées ».

Pour ce qui est du volet compétences, on a pu  également assister à une succession d’évolutions qui contribuent elles aussi à rendre de plus en plus insignifiante la réforme des départements.

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En effet le projet de loi sur la nouvelle organisation de la République (NOTRe)1 avait prévu dans sa version initiale une nouvelle répartition des compétences notamment entre le département et la région. Après une première lecture au Sénat puis à l'Assemblée nationale, le département récupère un certain nombre de compétences et on peut penser que peu de choses auront changé.
Ainsi, les députés ont adopté plusieurs amendements renforçant le rôle du département en matière économique. Les conseils départementaux sortis des urnes bénéficieront d’un an supplémentaire, jusqu’au 31 décembre 2016, pour «poursuivre la mise en œuvre de leur actions de développement économique, à l’exclusion de l’octroi des aides aux entreprises ». Les députés ont aussi permis aux départements de concourir au service public de l’emploi. Les départements perdent cependant les transports scolaires que l’Assemblée nationale a transférés aux régions, comme prévu dans le projet de loi initial, mais ils gardent la voirie que le gouvernement prévoyait aussi de transférer aux régions. La compétence sur les collèges est maintenue (là également contrairement au projet initial) dans les compétences des départements. Le gouvernement l’avait concédée au Sénat.
Finalement, c’est la loi du 17 mai 20132, qui a le plus modifié, à ce jour, la législation relative aux départements. C’est elle qui a transformé le conseil général en conseil départemental, tandis que les conseillers généraux deviennent des conseillers départementaux. Jusqu’ici renouvelé par moitié tous les 3 ans, le conseil départemental le sera intégralement tous les six ans. Enfin, les candidats se présenteront en binôme, obligatoirement composé d’une femme et d’un homme.
Les règles changent (1), les résultats aussi (2).

Sommaire

1.  LES RÈGLES

Elles concernent les candidats, la circonscription, le mode de scrutin et la campagne électorale.

1.1 Les candidats

1.1.1 Une nouvelle forme de candidature : les binômes

Traditionnellement, l’élection des conseillers généraux se faisait dans le cadre d’un scrutin uninominal, ce qui signifie que dans chaque canton les candidatures étaient individuelles.
Désormais, avec la loi du 17 mai 2013, deux conseillers départementaux sont élus dans chaque canton au scrutin binominal. Les candidats doivent se présenter en binôme composé d’une femme et d’un homme. Une fois élus, les deux membres du binôme ont une totale liberté de vote. Les décisions de l'un ne s’imposent pas à l'autre.
Cette disposition poursuit l’objectif de parité qui avait commencé à être mis en œuvre par la loi du 31 janvier 2007, prévoyant que les suppléants devaient être de sexe opposé à celui du candidat.
De plus, pour conforter la parité, la loi prévoit que le binôme des suppléants des candidats doit lui aussi être composé de deux personnes de sexes différents, afin que chaque candidat et son remplaçant soient du même sexe.
En raison de la forte réduction du nombre de cantons, passé de 4 046 à 2 054, on assiste assez logiquement à une baisse du nombre de candidatures, de 18 881 à 9 096. Au-delà de cet effet mécanique, on constate cependant une légère baisse du nombre moyen de candidatures par canton : 4,7 candidatures en moyenne en 2008-2011 pour 4,4 en 2015. Le canton faisant l’objet du plus grand nombre de candidatures est celui de Marseille-1, dans les Bouches-du-Rhône, où 11 binômes prétendent à l’élection comme conseillers départementaux.

 1er tour2ème tour
femmes

%
femmes

hommes

%
hommes

Totalfemmes

%
femmes

hommes

%
hommes

Total
1992156813,391014086,61117082517,85294592,153196
1994139012,86941787,14108072378,28262591,722862
1998166214,86951985,141118136711,0296788,93334
2001231520,13918679,871150140214,9228085,012682
2004264921,53965378,471230251515,3283984,653354
2008177920,88674179,12852041418,3184581,672259
2011240523,21795676,791036156318,0256181,983124
Le nombre de candidats aux élections cantonales depuis 1992

Nbre-Candidatures-Deposees.png

1.1.2 La stratégie des partis en matière de candidature

A droite, l'UMP s’est allié à l'UDI dans la grande majorité des cas. L'alliance était présente dans 98 % des cantons. Même si elle apparaissait en position de force face à un PS en difficulté, l'UMP redoutait ces élections départementales en raison de la présence du Front national qui aurait pu lui occasionner des problèmes.
Au centre, le MoDem a pris ses distances avec le PS. François Bayrou a fait savoir qu'il n'était « plus dans une logique d'étiquettes » comme en 2011, lors des dernières cantonales. Son mouvement a présenté 342 candidats, la plupart au sein d'alliances UMP-UDI.
A gauche, le PS était seul dans environ les trois quarts des cantons, mais il avait noué une alliance avec d’autres partis dans seulement 399 cantons, soit à peine 20 %. Ainsi, socialistes et communistes ont fait cause commune dans 50 cantons sur environ 2 000.
Quant au Front national, il était présent dans 95 % des cantons, avec 1912 binômes au total. Il présentait 3842 candidats (sans compter les suppléants) contre 1360 en 2011, lors de la précédente élection (où seule la moitié des cantons étaient concernés), ce qui constitue le taux de couverture le plus important parmi l’ensemble des formations politiques. A titre de comparaison, des listes de l’UMP ou d’Union de la droite étaient présentes dans 78% des cantons, soit environ autant que pour les listes socialistes ou d’Union de la gauche (77%). Le Front de gauche -qu’il s’agisse de listes désignées comme telles, du Parti Communiste ou encore du Parti de gauche - étaient quant à lui présent avec des candidatures en propre dans 58% des cantons, contre 19% de candidatures Europe-Ecologie-Les-Verts.
Pour les écologistes, la stratégie d'alliances était à géométrie variable en raison de l’opposition, en interne, entre deux clans : ceux qui sont favorables au Gouvernement (Placé, de Rugy, Pompili) et les autres qui y sont opposés (Duflot, Cosse), l’alliance d'EELV s’est faite avec le PS dans 18 % des cantons et avec le Front de gauche (ou des formations affiliées) dans 45 % des cas. Dans 33 % des cas, les écologistes ont présenté des candidatures autonomes.

Taux-Couverture-NuancesPolitiques.png

1.2 La circonscription

Les élections départementales sont organisées dans le cadre du canton. C’est pourquoi on parlait jusque-là d’élections cantonales. Le choix d’un scrutin binominal a entrainé la refonte du découpage cantonal du pays puisque dans chaque canton il y a désormais deux conseillers.
De 4035 cantons aux dernières élections, on est passé à 2054 cantons, représentés chacun par deux élus, soit 4108 conseillers départementaux en France contre 4 035 précédemment, soit 73 élus de plus !
Le nombre de conseillers par département n'est pas fixe, il dépend de la population. Ainsi, dans les Bouches-du-Rhône, 58 conseillers siègent au Conseil départemental alors qu’en Lozère, département le moins peuplé, ils sont seulement 26 représentants à siéger.
Le redécoupage des cantons répond à la volonté d’adapter la carte des cantons aux réalités socio-démographiques du pays. Il faut dire que les périmètres des cantons n'avaient pas été modifiés, ou si peu, depuis leur création, au lendemain de la Révolution de 1789. Avec le temps, ce découpage ne correspondait plus aux nouveaux bassins de vie et créait une grande disparité entre les territoires.
Les nouvelles délimitations s’appuient sur les chiffres des populations légales publiées par l’INSEE le 27 décembre 2013. La nouvelle carte des cantons doit permettre une représentation plus équitable de chaque canton en nombre d’habitants par élu. Sauf cas particuliers, l’écart de la population de chaque canton à la moyenne n’excède pas plus ou moins 20%. La loi du 17 mai 2013 prévoit un minimum de 13 cantons pour les départements de plus de 150 000 habitants et de 17 pour ceux de plus de 500 000 habitants.
Le redécoupage des cantons a été précédé d’une phase de consultation, par le préfet, du président du conseil général et des principaux élus du département. Sur les 98 conseils généraux consultés, 41 d’entre eux (soit 42 %) ont émis un avis favorable, tandis que 57 (soit 58 %) ont rendu un avis défavorable sur le projet de redécoupage.
Puis on est passé à la phase du découpage proprement dit. Le projet de carte a été élaboré par les services du ministère de l’intérieur, afin d’assurer l’unicité de la méthode de travail dans l’ensemble des départements et le respect des critères fixés par la loi. La section de l'Intérieur du Conseil d'État a ensuite pour l’essentiel validé le travail accompli.
Puis, pour chaque département, un décret a été pris. Mais bon nombre d’entre eux ont fait l’objet de recours devant le Conseil d’Etat.
La section du contentieux a reçu 2628 recours pour abus de pouvoir. Dans certains départements, ils ont été particulièrement nombreux : 444 recours dans l’Isère, 383 en Vendée, 245 dans le Loiret. Seuls dix départements se sont abstenus de tout recours : Marne, Gers, Rhône, Indre-et-Loire, Eure-et-Loir, Territoire de Belfort, Alpes de Haute Provence, Drôme, Aube et Landes.
Aucun de ces recours, n’a conduit à une remise en cause de ces nouvelles circonscriptions électorales. Le Conseil d’Etat a donc validé la nouvelle carte des cantons.

1.3 Le mode de scrutin

La loi du 17 mai 2013 relative à l’élection des conseillers départementaux, des conseillers municipaux et des conseillers communautaires a mis en place un nouveau mode de scrutin. Il s’agit d’un scrutin binominal mixte majoritaire à deux tours. Élus pour six ans, les conseillers départementaux sont désormais renouvelés en intégralité.
Pour être élu au premier tour, un binôme doit recueillir à la fois la majorité absolue (50 % des suffrages exprimés plus une voix) et le quart des électeurs inscrits. Si aucun des binômes ne l’emporte au premier tour, un second tour est organisé.
Au second tour, sont autorisés à se présenter les binômes ayant obtenu au moins 12,5% des voix des électeurs inscrits (art. L210, al. 8). Cependant, comme cette seconde condition est sévère, notamment en raison de l’abstention souvent élevée, le code électoral autorise le binôme qui a recueilli le plus de suffrages, après le binôme remplissant les conditions, à se maintenir, ou les deux si aucun ne remplit les conditions, comme cela était déjà le cas précédemment avec le scrutin uninominal. Au second tour, la majorité relative (le plus grand nombre de voix) suffit pour être élu.

1.4 La campagne électorale

1.4.1 Le calendrier

La campagne officielle pour les élections départementales des 22 et 29 mars a débuté le 9 mars. Les candidats ont eu deux semaines pour convaincre les électeurs. Pour le premier tour, la campagne électorale officielle s’est achevée le 21 mars 2015 à minuit. Pour le second tour, la campagne électorale officielle a commencé le 23 mars 2015 et s’est terminée le 28 mars 2015 à minuit.

1.4.2 Le financement

Lors du dépôt de candidature, le binôme a dû choisir un mandataire financier unique. Il peut être une personne physique ou une association de financement électorale. Le mandataire financier doit ouvrir et gérer un compte de dépôt spécialement et expressément affecté aux opérations financières de la campagne et tenir des comptes qui seront annexés au compte de campagne du binôme. Le mandataire est chargé de percevoir les recettes, d’effectuer les dépenses et de gérer le compte bancaire par lequel transitent les fonds. Les missions du mandataire prennent fin automatiquement trois mois après le dépôt du compte de campagne.
Le financement de la campagne électorale par des personnes morales est interdit, qu’il s’agisse de personnes morales de droit privé ou de droit public, notamment d’Etats étrangers, de syndicats, de mutuelles ou d’associations autres que celles ayant la qualité de parti ou groupements politique.
Seuls sont admis les dons des personnes physiques. Ces dons sont plafonnés à 150 euros pour les versements en espèces. Tout don de plus de 150 euros doit être effectué par chèque, virement, prélèvement automatique ou carte bancaire. Le mandataire délivre au donateur un reçu attestant de la date et du montant du don. Il ouvre droit aux avantages fiscaux prévu par le code général des impôts.
Le montant des dons consentis aux candidats ne peut excéder 4 600 euros pour une seule personne physique, quel que soit le nombre de candidats soutenus. Les recettes peuvent être supérieures au montant des dépenses. Le montant global des recettes recueillies n’est pas plafonné.
Mais, les dépenses des candidats le sont. Le montant du plafond se calcule en fonction de la population du canton.
Les dépenses de propagande officielle liées à l’impression des bulletins de vote, des circulaires et des affiches ainsi qu’aux frais d’apposition des affiches sont remboursées par l’Etat aux binômes de candidats ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés à l’un des deux tours de scrutin.
Les professions de foi et les bulletins de vote doivent être imprimés suivant des règles précises. Les sommes remboursées ne peuvent être supérieures à celles résultant de l’application des tarifs d’impression et d’affichage déterminés par arrêté.
Outre les dépenses de propagande, il est prévu un remboursement forfaitaire par l’Etat des autres dépenses de campagne exposées par le binôme de candidats et retracées dans son compte de campagne. La période de comptabilisation des dépenses et des recettes pour les élections départementales est ouverte depuis le 1er mars 2014.
Pour les binômes de candidats ayant obtenu au moins 1% des suffrages exprimés, le compte de campagne, obligatoirement présenté par un expert-comptable et accompagné des justificatifs de recettes et de dépenses, doit être déposé directement auprès de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP).
Chaque binôme de candidats ayant obtenu au moins 5% des suffrages exprimés au premier tour de scrutin, peut prétendre au remboursement forfaitaire de ses dépenses de campagne, dans la limite de 47,5 % du montant plafond des dépenses.
Aux termes de l'article 11 de la loi n° 2013-907 du 11 octobre 2013 relative à la transparence de la vie publique, les présidents de conseil départemental et les conseillers départementaux titulaires d'une délégation de signature du président du conseil départemental dont le mandat s’achève, doivent déposer une déclaration de leur situation patrimoniale auprès du président de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Cette déclaration doit intervenir deux mois au plus tôt et un mois au plus tard avant l’expiration de leur mandat ou de leurs fonctions.
Les personnes nouvellement élues disposent de deux mois à compter de leur prise de fonctions pour déposer une déclaration de patrimoine ainsi qu’une déclaration d’intérêts auprès du président de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique.
Le fait de ne pas déposer une déclaration de situation patrimoniale ou d’intérêts, d’omettre de déclarer une partie substantielle de son patrimoine ou de ses intérêts ou de fournir une évaluation mensongère de son patrimoine est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende (art. 26 de la loi du 11 octobre 2013).

1.4.3 Les modalités de la campagne

Les binômes de candidats disposent d’emplacements d’affichage. Ces emplacements sont attribués selon un ordre déterminé par un tirage au sort. Les candidats peuvent librement, sans autorisation et sans déclaration préalable, organiser des réunions publiques qui restent autorisées la veille du scrutin jusqu’au samedi minuit. La distribution de tracts est possible jusqu’à la veille du scrutin.
Parallèlement à ces modalités classiques, la télévision et la radio ont acquis une place importante. C’est le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) qui est chargé de veiller à la régulation de la communication et de la propagande à des fins électorales sur les chaînes de télévisions et les radios. Au cours des six semaines précédant le scrutin, les candidats et leurs soutiens bénéficient d’une présentation et d’un accès équitables à l’antenne.
Les candidats ont la possibilité d’ouvrir des sites internet pour la campagne électorale, ils peuvent également utiliser leurs sites personnels dans un but de propagande électorale. Il est également interdit de diffuser de nouveaux messages à caractère de propagande électorale sur ces sites la veille et le jour du scrutin. Le site non modifié peut cependant rester en ligne.

2.  LES RÉSULTATS

C’est d’abord sur le plan politique qu’il faut les apprécier, avant de se placer sur un plan sociologique.

2.1 Sur le plan politique

A juste raison on a présenté depuis plusieurs années, l’abstention comme le premier parti de France. C’est ce que l’on a pu vérifier une fois de plus. Les scores des différents partis en ont pâti au premier comme au second tour.

2.1.1 L’abstention

Au premier tour, l’élection a été marquée par une abstention de 49,83%, ce taux a été moins élevé que prévu en raison d’un petit mouvement de mobilisation. Cependant, un électeur sur deux s'est abstenu. C'est mieux qu'en 2011. Mais c'est largement au-dessus du taux d'abstention moyen pour ce type d'élection sous la Cinquième (39,01%). La première force reste encore l'abstention.


195819611964196719701973197619791982
1er tour32,643,543,342,738,246,634,734,631,6
2e tour37,94641,742,63945,832,334,629,7
1985198819921994199820012004200820112015
33,35129,339,639,534,5236,0935,1155,749,83
33,85338,141,24543,7535,5244,5555,350,01

Elle a varié d’un département à l’autre. Elle a été la plus forte en Seine-Saint-Denis (63,18%) et la plus faible en Lozère (33,89 %) au premier comme au deuxième tour.

Les 10 départements où l'ABSTENTION a été la plus forte au 1er TOUR
1 - Seine-Saint-Denis63,18 %
2 - Val-d'Oise59,50 %
3 - La Réunion56,19 %
4 - Guadeloupe55,58 %
5 - Val-de-Marne55,56 %
6 - Moselle55,13 %
7 - Seine-et-Marne55,06 %
8 - Yvelines54,66 %
9 - Haute-Savoie54,60 %
10 - Hauts-de-Seine53.89 %
Les 10 départements où la PARTICIPATION a été la plus forte au 1er TOUR
1 - Lozère66,11 %
2 - Mayotte62,95 %
3 - Gers60,11 %
4 - Dordogne60,04 %
5 - Aveyron59,71 %
6 - Corrèze59,60 %
7 - Lot59,43 %
8 - Haute-Saône59,28 %
9 - Tarn-et-Garonne58,89 %
10 - Creuse58,65 %
Les 10 départements où l'ABSTENTION a été la plus forte au 2eme TOUR
1 - Seine-Saint-Denis65,85%
2 - Val-d'Oise59,72%
3 - Val-de-Marne58,67%
4 - Yvelines57,48%
5 - Hauts-de-Seine57,3%
6 - Haute-Savoie56,05%
7 - Seine-et-Marne55,71%
8 - Moselle55,36%
9 - Bas-Rhin53,88%
10 - Essonne53,56%
Les dix départements où la PARTICIPATION a été la plus forte au 2eme TOUR
1 - Lozère68,22%
2 - Corrèze61,18%
3 - Gers60,87%
4 - Lot-et-Garonne60,58%
5 - Dordogne60,52%
6 - Haute-Saône60,50%
7 - Creuse60,45%
8 - Aude60,31%
9 - Haute-Corse59,97%
10 - Tarn-et-Garonne59,84%

L’abstention est traditionnellement plus forte chez les jeunes que chez les plus âgés, chez les employés et les ouvriers que chez les CSP+, et aussi forte à droite qu’à gauche.

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Lors d’un sondage réalisé par l’Ifop avant le premier tour, les personnes interrogées ont avancé trois raisons pour expliquer leur attitude. La premiere réside dans la méfiance à l’égard de la classe politique qui est perçue comme inefficace et incapable de changer concrètement leur situation. C'est particulièrement le cas parmi les ouvriers (53% contre 32% parmi les professions libérales et les cadres supérieurs) et parmi les électeurs de Marine Le Pen à la présidentielle et qui s'abstiendraient au premier tour des départementales : 54% contre 27% parmi les abstentionnistes potentiels ayant voté Nicolas Sarkozy à la présidentielle.
En second lieu, les abstentionnistes souhaitent par leur attitude « manifester leur mécontentement à l'égard des partis politiques ». C’est principalement le fait des seniors plutôt que des jeunes (40% parmi les retraités contre 18% seulement auprès des moins de 35 ans).
Enfin, bon nombre d’abstentionistes avouent ne pas connaître les candidats, ni les compétences du conseil départemental. Cet argument est plus fréquent (38%) chez les moins de 35 ans, qui lisent moins la presse, et notamment régionale, que parmi les seniors (20% parmi les 50-64 ans et 23% chez les 65 ans et plus).

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Au second tour, le taux d'abstention total a atteint 50,01 %, un chiffre légèrement supérieur à celui du premier tour (49,83 %). Il est toutefois nettement inférieur au taux constaté par le ministère de l'intérieur lors des élections cantonales de 2011 (55,29 %).

2.1.2 Les résultats du premier tour

Au premier tour, les candidats soutenus par l'UMP ont obtenu 27,45%, devant ceux soutenus par le FN (25,19%) et le PS (21,54%). Derrière, le Front de gauche a atteint 4,73%, Europe-Ecologie-Les-Verts 2,03%, l'UDI seule 1,30%, le MoDem 0,36% et les autres listes 1,34%.

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L’UMP et ses alliés de l’UDI ainsi que les « divers droite » (DVD) ont été les vainqueurs de ce premier tour, puisqu’ils sont arrivés en tête avec 36,49 % des suffrages exprimés. Ils ont progressés de 4,75 points par rapport aux cantonales de 2011. Mais en matière de progression, c’est le Front national qui l’a emporté. Depuis les dernières cantonales de 2011, son score a crû de 10 points. Certes par rapport aux sondages ses résultats semblent décevants, puisque ceux-ci l’annonçaient à 30%. De plus, il affirmait qu’il allait être « le premier parti de France », ce qui a été démenti par les faits.

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Quant à la gauche de gouvernement (PS + Radicaux de gauche) elle rassemblait 28 % des voix. Elle est passée de 40% à moins de 30% depuis les dernières cantonales. Depuis 1992, elle n’a jamais été aussi bas. Et la tâche s’annonçait compliquée au second tour, car même en surmontant ses divisions, elle n'était pas dans une dynamique majoritaire dans beaucoup de cantons et n'avait quasiment pas de réserves de voix.
Le Front de gauche et surtout les écolos ont réalisé des scores très faibles. Ces deux formations n’ont rencontré presque aucun écho, notamment chez les populations en crise. La gauche n’a donc pas été sanctionnée pour la politique du gouvernement qui ne serait pas assez à gauche.

Au soir du premier tour, 298 candidats étaient déjà élus (220 élus à droite, 64 à gauche, 8 au FN et 6 divers) selon les chiffres communiqués par le ministère de l'Intérieur.

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Les Départementales 2015 - Analyse et bilan_html_m36d14e1.jpg

Au premier tour, l'UMP et ses alliés centristes a obtenu ses meilleurs scores en Corrèze (45,03%), fief électoral de François Hollande, dans les Hauts-de-Seine (44,69%), en Vendée (44,11%), dans les Alpes-Maritimes (41,22%), et dans l'Indre (41%). Ses plus mauvais résultats sont à chercher dans le sud-ouest du pays, et en particulier en Ariège (1,68%), dans le Lot (2,89%) ou encore dans l'Aude (7,24%).

Le PS et ses alliés ont été éliminés dans 524 cantons. Dans 256 d'entre eux, cette élimination est due à la division de la gauche. Les dix départements où il a le plus reculé entre le premier tour de l'élection présidentielle de 2012 et le premier tour des élections départementales de 2015 sont les Ardennes (-18,29 points), la Manche (-17,95 points), le Jura (-16,91 points).

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Le Front national est arrivé en tête dans 43 des 98 départements où le scrutin avait lieu. Dans l'est de la France, il domine dans la Meuse, dans l'Aube, la Moselle, dans le Bas-Rhin, en Haute-Marne et les Ardennes, où il frôle les 30 %. Le FN est arrivé également en première position en Haute-Saône et dans le Doubs.
En Ardèche, il a rassemblé plus de 34 % des voix. Dans le Sud-Ouest, région pourtant ancrée à gauche, il est arrivé en tête dans le Tarn, le Tarn-et-Garonne, les Pyrénées-Orientales, l'Aude, le Lot, le Lot-et-Garonne et la Vienne. Dans la Sarthe, le parti frontiste l’a emporté avec 26 % des suffrages, dans le Loir-et-Cher, avec 28 % ainsi que dans le Vaucluse avec 40 % des suffrages.
Les candidats du Front national ont réalisé d'importants scores dans les cantons où sont implantées des municipalités frontistes. A Béziers (Hérault), dirigée par Robert Ménard, élu l'an passé avec le soutien du Front national, le parti est arrivé nettement en tête du premier tour dans les trois cantons de la ville, avec entre 44% et 47% des voix. Même chose à Beaucaire (Var), où les candidats FN se positionnaient en ballottage très favorable pour le second tour (49,28%).
Les maires FN candidats s'en sont bien sortis. Au Pontet (Vaucluse), Joris Hébrard a vu son élection à la mairie invalidée, ce qui ne l'empêche pas de gagner un fauteuil de conseiller départemental dès le premier tour, avec 53,7% des voix. A Hayange (Moselle), le maire Fabien Engelmann, malgré les quelques scandales et contentieux qui ont marqué les premiers mois de son mandat municipal, est arrivé largement en tête du premier tour, avec 39,39% des suffrages.

2.1.3 Les résultats du second tour

Le second tour des élections départementales, a donné lieu à 1 614 duels et 278 triangulaires. Il y a eu 36 retraits de candidatures en binôme, une proportion très faible. Quant au Front national il était présent dans 1 107 cantons.
C’est l'UMP et ses alliés de l’UDI, qui incontestablement ont été les vainqueurs. La droite parlementaire dirigeait 40 conseils généraux, au soir du deuxième tour, elle l'emportait dans 66 départements sur les 98 en jeu et disposait de 2427 conseillers élus.
La gauche a subi une lourde défaite : elle n’a gagné que dans 34 départements (24 pour le PS, 2 pour le PRG, 1 pour le PCF, 1 divers gauche) alors qu’elle disposait de 61 départements. Elle a donc perdu 28 départements qui ont basculé et n’en a gagné qu’un seul, la Lozère.
Sa défaite est symbolique puisqu’elle a perdu certains de ses bastions. La gauche a perdu d’abord les deux départements qui sont les fiefs politiques des deux têtes de l’exécutif : la Corrèze du Président de la République et l’Essonne du Premier ministre. Mais le PS a perdu également les deux départements qui sont le siège des deux fédérations les plus importantes du parti : le Nord et les Bouches du Rhône. Au-delà de ces symboles, le PS et ses alliés ont connu la défaite dans les départements de toutes les régions.
En Picardie : la Somme et l'Oise, en Haute-Normandie : la Seine-Maritime et l'Eure, en Bretagne : les Côtes d'Armor, en Poitou-Charentes : les Deux-Sèvres et la Charente. Dans le Limousin outre la Corrèze déjà évoquée, la gauche a perdu la Creuse, dans le Centre : le Cher et l'Indre-et-Loire, en Aquitaine, les Pyrénées-Atlantiques. En Provence-Alpes-Côtes-d’Azur, on l’a dit, la droite s'est emparée des Bouches-du-Rhône en raison de la désunion de la gauche, entre le PS et Jean-Noël Guérini, président sortant du conseil général. Quant au Vaucluse, la gauche et la droite était à égalité. En Rhône-Alpes, la droite a fait un triomphe en s'emparant de la Drôme, de l'Isère et de l'Ain. En Bourgogne, les socialistes ont perdu la Saône-et-Loire, l'ancien département d'Arnaud Montebourg. En Franche-Comté, la droite s’est emparée du Jura, du Doubs et du Territoire de Belfort. En Ile-de-France, la gauche, a conservé de justesse le Val-de-Marne et de la Seine-Saint-Denis. En grande couronne la droite a conquis l'Essonne, comme on le sait ainsi que de la Seine-et-Marne. En Auvergne, la droite s’est emparée de l'Allier l’un des deux bastions du Parti communiste français qui ne présidera plus qu'un seul département, le Val-de-Marne. Dans les Pays de la Loire, les équilibres politiques sont restés inchangés puisque la Loire-Atlantique n'a pas basculé. Le rapport de force gauche-droite est resté le même, également en Midi-Pyrénées où la gauche s'est maintenue dans le Tarn-et-Garonne, pourtant convoité par l'UMP. Seule l'Aveyron est à droite. Enfin en Languedoc-Roussillon la gauche a résisté partout et même est parvenue à s'emparer de la Lozère. Une conquête qui n’a pas rétabli la balance mais a permis à la gauche de conquérir symboliquement un territoire.
Le FN a échoué à conquérir l'Aisne et le Vaucluse. C'était l'un des enjeux de ce scrutin. Le Front national ne prendra pas la tête des départements du Vaucluse ni de l'Aisne où il semblait le plus en mesure de l'emporter à l'issue du premier tour. Le parti a cependant réalisé un score historique pour ce type d'élection : lui qui ne comptait qu'un seul conseiller général sortant, dispose de 66 élus dans les nouveaux conseils départementaux. En nombre de voix, il a réalisé des percées importantes dans plusieurs départements notamment dans le Pas-de-Calais et dans le Gard.

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19921994199820012004200820112015
GaucheDroiteGaucheDroiteGaucheDroiteGaucheDroiteGaucheDroiteGaucheDroiteGaucheDroiteGaucheDroite
23762475366340595049574260413466
2015Nombre de départementsNombres d’élus
DROITE662427
GAUCHE341601
FRONT NATIONAL066

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Les 28 départements qui basculent de gauche à droite
Ain ; Aisne ; Allier ; Bouches-du-Rhône ; Charente ; Cher ; Corrèze ; Côtes-d'Armor ; Creuse ; Deux-Sèvres ; Doubs ; Drôme ; Essonne ; Eure ; Indre-et-Loire ; Isère ; Jura ; Mayotte ; Nord ; Oise ; Pyrénées-Atlantiques ; Réunion ; Saône-et-Loire ; Seine-et-Marne ; Seine-Maritime ; Somme ; Territoire de Belfort ; Vaucluse.

Le département qui bascule de droite à gauche
Lozère

Si certains départements ont « basculé » à droite ou à gauche, certains ont toujours été dans le même camp depuis la Libération ou leur création. Il s’agit de 33 départements. Parmi ceux-ci, 21 sont restés à droite ou au centre droit, tandis que 12 sont restés à gauche.

2.1.4 Les résultats du « troisième tour »

Les conseillers départementaux élus se sont réunis le jeudi 2 avril pour élire leurs présidents d'assemblée. L’élection a lieu au scrutin secret, majoritaire à trois tours. Aux deux premiers tours la majorité absolue était exigée. Au troisième tour la majorité relative suffisait. En cas d’égalité de voix c’est le plus âgé qui est déclaré élu. C’est ainsi que, l'UMP Maurice Chabert a été élu dans le Vaucluse au bénéfice de l’âge.
Ce troisième tour n’a pas provoqué de grosses surprises. Dans quelques départements le résultat était indécis, car aucun groupe ne disposait de la majorité absolue. Certains présidents ont donc été élus au troisième tour. Cela a été le cas notamment dans l'Aisne, de Nicolas Fricoteaux (UDI).
Plus surprenant, dans le Tarn-et-Garonne, le candidat divers gauche Christian Astruc était soutenu par la droite. Ila été élu au premier tour face à Marie-Claude Nègre (PRG). Celle-ci était soutenue par Jean-Michel Baylet, le président sortant qui dirigeait le département depuis 30 ans et qui ne s'était pas représenté.
Autre surprise, d’un autre ordre, dans le Gard, le socialiste Denis Bouad a été élu contre un candidat FN après le retrait de l'UMP au deuxième tour de scrutin.
Parmi les 98 présidents élus, 34 sont des parlementaires, qu'ils soient député, sénateur ou député européen. C’est l’UMP qui en compte le plus grand nombre (20 dont Eric Ciotti et les anciens ministre Hervé Gaymard ou Dominique Bussereau), les centristes (UDI-Modem) sont également concernés (5 dont Maurice Leroy et François Sauvadet) mais aussi le PS et ses alliés (8, dont Philippe Martin, Kléber Mesquida ou Germinal Peiro).

La place des femmes parmi les présidents est légèrement plus importante (9 contre 5). C'est notamment le cas de l'UMP Martine Vassal qui est élue à la tête des Bouches-du-Rhône ou de la socialiste Sophie Pantel en Lozère.

Etiquette politique des Présidents des conseils départementaux
PCF133
PS26
DVG3
PRG3
Divers11
MoDem167
UDI14
DVD8
UMP44
TOTAL101101

2.2 Sur le plan sociologique

2.2.1 Sociologie des électeurs

Le Front national a connu un assez grand succès parmi les catégories populaires avec 39% des intentions de vote, contre respectivement 30% pour le bloc de gauche et 26% pour celui de la droite et du centre. Ces deux derniers arrivaient toutefois en tête chez les retraités, une majorité relative des catégories sociales dites « supérieures » portant son choix sur la droite et le centre.


Le vote des catégories populairesCadres, professions intellectuelles supérieures et intermédiairesRetraités
Gauche30%32%38%
Droite et centre26%42%37%
Front national39%25%23%
Autres5%1%2%
TOTAL100%100%100%

Source : Sondage CSA mars 2015

Selon l’institut de sondage Odoxa, les classes populaires et les jeunes restaient les plus enclins à choisir le Front national: 39 % des ouvriers et 40 % des 18-24 ans envisageaient de voter FN aux prochaines départementales, alors que les seniors (22%) et les cadres (22%) qui devraient largement aller voter étaient nettement moins enclins à voter FN. Concernant enfin l'ancrage politique de ce vote frontiste, 15 % des électeurs de François Hollande en 2012 disaient envisager de voter pour le Front national aux départementales, contre 32 % pour ceux qui avaient opté pour Nicolas Sarkozy il y a trois ans.

2.2.2 Sociologie des anciens conseillers généraux

Les anciens conseils généraux étaient les assemblées les moins paritaires comme l’illustre le tableau ci-dessous. Ils sont devenus les plus paritaires en raison de l’élection de binômes.

Conseils régionauxParlement EuropéenConseils municipauxAssemblée nationaleSénatConseils généraux
51%58%60%74%75%82%
49%41%40%26%25%18%

Les Départementales 2015 - Analyse et bilan_html_58a3c15.png

Les conseillers généraux faisaient partie des plus vieux élus. Avec une moyenne d'âge de 61 ans et 10 mois, ils se situaient juste derrière les sénateurs (62 ans), et loin devant les conseillers municipaux (51 ans et 11 mois). Seul un conseiller général sur dix avait moins de 48 ans.
C’est Europe-Ecologie-Les-Verts qui rassemblait les élus les plus jeunes puisqu’en moyenne ils avaient 55 ans. Les radicaux de gauche étaient les plus âgés, en moyenne : 64 ans. Quant aux socialistes, ils avaient en moyenne 60 ans, comme les élus de l’UMP et du Centre (UDI et MoDem).

CatégorieConseillers générauxPopulation de + 15 ans
Agriculteurs5,4 %0,9 %
Artisans, commerçants, chef d’entreprises6,1 %3,4 %
Cadres, professions intellectuelles supérieures32,3 %8,7 %
Professions intermédiaires14,4 %13,9 %
Employés4,7 %16,6 %
Ouvriers0,4 %13,4 %
Autres professions3,6 %Les Départementales 2015 - Analyse et bilan_html_20af19fe.gif43,1 %
Retraités29,9 %
Autres inactifs3,2 %
TOTAL100 %100 %

Source : Ministère de l’Intérieur

32,3 % des conseillers généraux étaient des cadres supérieurs alors qu’ils formaient 8,7 % de la population. Les agriculteurs exploitants constituent à peine 1 % de la population, mais 5,4% des conseillers généraux relevaient de cette catégorie. A l’opposé, les employés et les ouvriers, dont la part dans la population est respectivement de 4,7% et 0,4 %, étaient très peu présents dans les instances locales. La part des ouvriers au sein des conseils généraux n’était que de 0,4 % quant aux employés ils étaient mieux représentés, mais ne constituent que 4,7 % des conseillers généraux.
Les professions intermédiaires étaient représentées à hauteur de leur proportion dans la population (13,9 %). 29,9 % des conseillers généraux étaient des retraités. Ce qui ne nous dit malheureusement rien de leur milieu social : un retraité peut être un ex-ouvrier comme un ancien cadre.
Ce profil peu représentatif de la population explique dans une certaine mesure l’image plutôt négative des conseillers généraux. Pascal Perrineau, ancien directeur du Cevipof, constate une désillusion des Français sur la capacité des élus à changer les choses. C'est ce qu’il, qualifie de «politisation négative». «C'est-à-dire une politisation assez forte qui va de pair avec une défiance à l'égard des politiques, d'où un espace ouvert pour le populisme».
Plus précisément, il observe que les élus locaux, traditionnellement préférés par les Français aux députés et parlementaires européens, n'échappent pas à ce désamour. Le maire reste en tête de ce classement réalisé selon le niveau de confiance (52 % d'opinions favorables). Mais il perd 13 points. Le conseiller général suit à 43 % (-11). Même baisse pour les conseillers régionaux (42 % désormais). Le député (38 %, -9), les députés européens (31 %, -4) et le président de la République (29 %, -3) n'échappent pas au mouvement. Les élus locaux «se présentent comme un filet de protection en cas de crise, ce qu'ils sont de moins en moins», estime Pascal Perrineau.

2.2.3 Sociologie des candidats

Le fait d’imposer un binôme hommes-femmes à l’ensemble des candidatures a entrainé une parité absolue parmi les candidats : 50% d’hommes, 50% de femmes. La plupart des formations politiques ont dû réaliser un effort de renouvellement plus ou moins important par rapport aux dernières élections cantonales de 2008 et 2011. Ainsi, l’UMP ne présentait que 17% de femmes sur les derniers scrutins, pour 23% au Parti socialiste, 26% au Front National et 29% au Front de Gauche. Avec 35% de candidates en 2008-2011, c’est sans doute Europe-Ecologie-Les-Verts qui a eu le moins d’efforts à fournir pour atteindre les 50% réglementaires en 2015.
L’âge moyen des candidats est passé de 53 ans en 2008-2011 à 51 ans pour 2015. Cela s’explique sans doute par l’instauration du binôme homme-femme, puisque les candidates affichaient une moyenne d’âge inférieure à leurs homologues masculins (un an de moins en moyenne). Toutefois, sur l’ensemble des cantons, la candidate la plus jeune était âgée de 18 ans, tandis que la plus âgée avait 91 ans. Au sein d’un binôme, 13 ans d’âge séparaient les deux membres en moyenne.
L'âge moyen des candidats était de 51 ans, soit dix ans de moins que les conseillers généraux sortants. Certains venaient tout juste d'obtenir le droit de vote : sur l'ensemble de la France, 17 candidats avaient à peine 18 ans.
Plusieurs partis ont présenté des candidats plus jeunes que la moyenne : Debout-La-France (47,5 ans en moyenne), le Front National (49,4) ou Europe- Ecologie-Les-Verts (49,5). A l’inverse, les candidats du Front de Gauche (52,7), du Parti socialiste (52,2) et de l’UMP (51,6) étaient plus âgés que la moyenne.
Sur le plan socio-économique, les cadres et professions libérales étaient largement surreprésentés. Ils étaient plus d’un quart (28 %) des candidats, alors que cette catégorie socioprofessionnelle ne constitue que 9 % de la population française âgée de 15 ans et plus. Les candidats comprenaient également 23 % de retraités, 18 % d’employés ou encore 16 % de professions intermédiaires.

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35,3 % des candidats étaient des salariés ou des retraités de la fonction publique. C’est 10 points de plus que leur proportion dans l’ensemble de la population. Mais des disparités très fortes existaient entre les différents partis. Les fonctionnaires étaient, sans surprise, bien plus représentés à gauche de l’échiquier politique. Ainsi, 51,5 % des candidats du Front de gauche étaient issus du secteur public, comme 50,8 % des candidats du Parti socialiste et 43,7 % chez Europe- Ecologie-Les-Verts. Une proportion qui tombait à 26,7 % pour l’UMP et à 16,6 % pour le Front national.
Les candidats du Front National étaient majoritairement des employés (26 %) ou de retraités (26 %), mais peu de cadres et de professions libérales (14 %). A l’opposé, ceux de l’UMP, du Parti socialiste mais aussi du Centre (MoDem-UDI) et d’Europe-Ecologie-Les-Verts étaient composés pour plus d’un tiers de cadres et professions libérales, mais de peu d’employés (15 % ou moins) et de très peu d’ouvriers (1 % ou moins). Les candidats présentés par le Front de Gauche appartenaient, quant à eux, surtout aux professions intermédiaires (21 %), aux employés (23 %) et surtout aux retraités (31 %), mais ne comprenaient peu de cadres (15 %).
En résumé la gauche restait implantée dans la fonction publique, l’UMP parmi les CSP + et le FN dans les catégories populaires du privé.
Parmi les 9.096 binômes candidats, 2 % seulement étaient composés de deux candidats sortants. Pour 20 % ils étaient composés d'un candidat sortant et d'une personne ne faisant pas partie du précédent mandat. 78 % des binômes présentaient deux personnes n'ayant pas exercé la fonction de conseiller général lors de la dernière mandature.

2.2.4 Sociologie des nouveaux conseillers départementaux

Si les conseillers généraux sortants ne représentaient que 12 % des candidats, ils représentent plus d'un tiers (36 %) des élus. Finalement, 64 % des conseillers départementaux sont  nouveaux dans ces fonctions, mais ce renouvellement est beaucoup plus important parmi les femmes (83 %) que parmi les hommes (45 %). Ce qui s’explique par le fait il y avait peu de femmes avant dans les conseils. Ce qui n’est plus le cas maintenant. Le fait de voter pour des binômes homme-femme a imposé une parité parfaite dans des assemblées. Mais cette réforme a également entraîné un profond rajeunissement des élus.
L’âge moyen des élus (54 ans) est supérieur à la moyenne des candidats (51 ans), avec une différence de plus de 3 ans entre les hommes et les femmes (55 ans et 5 mois contre 52 ans et 2 mois). Cette dynamique s’observe dans la quasi-totalité des formations politiques, où la moyenne d’âge des élus est non seulement supérieure à celle des candidats, mais aussi relativement homogène (comprise entre 53 et 55 ans).
L’analyse des candidatures de premier tour avait mis en lumière le décalage entre le profil socio-économique des candidats et la moyenne de la population française, avec notamment une forte sur-représentation des cadres et professions libérales (28%) parmi les candidats, au détriment notamment des ouvriers (seulement 2%). Plus d’un tiers des élus (36%) sont issus des cadres et professions libérales, alors que, cette catégorie ne représente que 9% de la société française. A l’inverse, les ouvriers ne forment que 1% des conseillers alors qu’ils représentent 14 % de la population.

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La sur-représentation des cadres et professions libérales est forte parmi les élus de la gauche (33 %) ou de la droite (38 %), mais beaucoup plus faible parmi ceux du Front National (14 %). Ceux-ci comprennent 31 % d’employé et 19 % de personnes exerçant une profession intermédiaire. Mais la quasi-absence d’ouvrier se constate quelle que soit l’étiquette politique (moins de 1 % à gauche, 1 % à droite, 2 % au Front National).

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*

*  *

Ces premières élections départementales ont incontestablement été un succès pour la coalition de droite et du centre (UMP-UDI-DVD), ce qui était attendu, dans la mesure où depuis l’instauration du quinquennat avec coïncidence des élections présidentielles et législatives, les élections locales tendent à devenir des élections de mi-mandat au cours desquelles les électeurs adressent par leur intermédiaire un message de mécontentement d’autant plus fort que la situation économique et sociale ne s’améliore pas.
Les bons résultats du Front national, s’expliquent de la même manière, puisqu’il est une partie de l’opposition. Sa position se renforce d’autant plus que l’exaspération grandit dans les secteurs les plus populaires de l’électorat. Certes les sondages le voyaient plus haut, mais cela ne doit pas cacher sa progression importante dans des élections qui jusqu’alors ne lui avaient pas été favorables.
Quant au PS, après sa cuisante défaite, il va devoir aborder une période d’autant plus difficile que ses alliés naturels lui ont fait défaut et que son congrès en juin prochain pourrait creuser encore plus les dissensions internes qui n’ont cessé de se développer.
Toutes ces évolutions révélées par les élections départementales risquent de se développer, voire de se renforcer, lors des prochaines élections régionales.

3.  ANNEXES

LISTE DES PRÉSIDENTS DES CONSEILS DÉPARTEMENTAUX

LES PRÉSIDENTS DES CONSEILS DÉPARTEMENTAUX
Martine VassalUMPBOUCHES-DU-RHÔNE
Valérie SimonetUMPCREUSE
Christine BouquinDVDDOUBS
Nathalie SarrabezollesPSFINISTÈRE
Sophie PantelPSLOZÈRE
Hermeline MalherbePSPYRÉNÉES-ORIENTALES
Nassimah DindarUDILA RÉUNION
Josette Borel-LincertinPSGUADELOUPE
Damien AbadUMPAIN
Nicolas FricoteauxUDIAISNE
Gérard DériotUMPALLIER
Gilbert SauvanPSALPES-DE-HAUTE-PROVENCE
Jean-Marie BernardDVDHAUTES-ALPES
Eric CiottiUMPALPES-MARITIMES
Hervé SaulignacPSARDÈCHE
Benoit HuréUMPARDENNES
Henri NayrouPSARIÈGE
Philippe AdnotDVDAUBE
André ViolaPSAUDE
Jean-Claude LucheUDIAVEYRON
Jean-Leonce DupontUDICALVADOS
Vincent DescoeurUMPCANTAL
François BonneauDVDCHARENTE
Dominique BussereauUMPCHARENTE-MARITIME
Michel AutissierUMPCHER
Pascal CosteUMPCORRÈZE
Jean-Jacques PanunziDVDCORSE-DU-SUD
François OrlandiPRGHAUTE-CORSE
François SauvadetUDICÔTE-D’OR
Alain CadecUMPCÔTES-D’ARMOR
Germinal PeiroPSDORDOGNE
Patrick LabauneUMPDRÔME
Albéric de MontgolfierUMPEURE-ET-LOIR
Sebastien LecornuUMPEURE
Denis BouadPSGARD
Georges MéricPSHAUTE-GARONNE
Philippe MartinPSGERS
Jean-Luc GleyzePSGIRONDE
Kleber MesquidaPSHÉRAULT
Jean-Luc ChenutPSILLE-ET-VILAINE
Louis PintonUMPINDRE
Jean-Yves CouteauUDIINDRE-ET-LOIRE
Jean-Pierre BarbierUMPISÈRE
Clément PernotUMPJURA
Henri EmmanuelliPSLANDES
Maurice LeroyUDILOIR-ET-CHER
Bernard BonneUMPLOIRE
Jean-Pierre MarconUMPHAUTE-LOIRE
Philippe GrosvaletPSLOIRE-ATLANTIQUE
Hugues SauryUMPLOIRET
Serge RigalPSLOT
Pierre CamaniPSLOT-ET-GARONNE
Christiant GilletUDIMAINE-ET-LOIRE
Philippe BasUMPMANCHE
René Paul SavaryUMPMARNE
Bruno SidoUMPHAUTE-MARNE
Olivier RichefouUDIMAYENNE
Mathieu KleinPSMEURTHE-ET-MOSELLE
Claude LeornardUMPMEUSE
François GoulardUMPMORBIHAN
Patrick WeitenUDIMOSELLE
Patrice JolyPSNIÈVRE
Jean-René LecerfUMPNORD
Edouard CourtialUMPOISE
Alain LambertUDIORNE
Michel DagbertPSPAS-DE-CALAIS
Jean-Yves GouttebelPSPUY-DE-DÔME
Jean-Jacques LasserreUDIPYRÉNÉES-ATLANTIQUES
Michel PelieuPRGHAUTES-PYRÉNÉES
Frédéric BierryUMPBAS-RHIN
Eric StraumannUMPHAUT-RHIN
Christophe GuilloteauUMPRHÔNE
Yves KrattingerPSHAUTE-SAÔNE
André AccaryUMPSAÔNE-ET-LOIRE
Dominique Le MenerUMPSARTHE
Hervé GaymardUMPSAVOIE
Christian MonteilDVDHAUTE-SAVOIE
Pascal MartinUDISEINE-MARITIME
Jean-Jacques BarbauxUMPSEINE-ET-MARNE
Pierre BédierUMPYVELINES
Gilbert FavreauUMPDEUX-SÈVRES
Laurent SomonUMPSOMME
Thierry CarcenacPSTARN
Christian AstrucDiversTARN-ET-GARONNE
Florian BouquetUMPTERRITOIRE-DE-BELFORT
Marc GiraudUMPVAR
Maurice ChabertUMPVAUCLUSE
Yves AuvinetDVDVENDÉE
Bruno BelinUMPVIENNE
Jean-Claude LebloisPSHAUTE-VIENNE
François VannsonUMPVOSGES
André VilliersUDIYONNE
François DurovrayUMPESSONNE
Patrick DevedjianUMPHAUTS-DE-SEINE
Stéphane TrousselPSSEINE-SAINT-DENIS
Christian FavierPCVAL-DE-MARNE
Arnaud BazinUMPVAL-D’OISE
Soibahadine Ibrahim RamadaniUMPMAYOTTE

Les conditions d’éligibilité des candidats et les inéligibilités prévues

Les candidats doivent être éligibles, pour cela il faut :

  • être de nationalité française ;
  • avoir 18 ans révolus le jour du scrutin ;
  • avoir satisfait aux obligations militaires ;
  • être inscrit sur la liste électorale;
  • être domicilié dans le département ou y être inscrit au rôle d’une des contributions directes.

Si ces conditions sont remplies, encore faut-il ne pas être dans un cas d’inéligibilité ou d’incapacité prévu par la loi.
Sont d’abord prévues des inéligibilités tenant à la personne :

  • les personnes privées de leur droit de vote (art. L. 6) ou d’éligibilité par suite d’une décision judiciaire ;
  • les personnes placées sous curatelle ou sous tutelle (art. L. 200) ;
  • les personnes déclarées inéligibles par une décision définitive du juge de l’élection pour non-respect de la législation sur les comptes de campagne ou qui ont accompli des manœuvres frauduleuses ayant eu pour objet ou pour effet de porter atteinte à la sincérité du scrutin (art. L. 197) ;
  • les conseillers départementaux ayant refusé de remplir une des fonctions qui leur sont dévolues par les lois sans excuse valable et déclarés démissionnaires d’office par application de l’article L. 3121-4 du CGCT dans l’année qui suit la notification de cette décision (art. L. 204, deuxième alinéa)

Sont également prévues des inéligibilités relatives aux fonctions exercées qui pourraient influencer les électeurs. Elles concernent :

  • Les préfets dans le département où ils exercent ou ont exercé leurs fonctions depuis moins de trois ans ; les sous-préfets, secrétaires généraux, directeurs de cabinet de préfet ou sous-préfets chargés de mission auprès d'un préfet, ainsi que les secrétaires en chef de sous-préfecture, dans le département où ils exercent ou ont exercé leurs fonctions depuis moins d'une année ;
  • Les magistrats du siège et du parquet des cours d'appel, des TGI, des TI dans le ressort de la juridiction où ils exercent ou ont exercé depuis moins d'un an ;
  • Les membres des tribunaux administratifs ainsi que les magistrats et les secrétaires généraux des chambres régionales des comptes, dans le ressort de la juridiction où ils exercent ou ont exercé depuis moins d'un an ;
  • Les officiers des armées de terre, de mer et de l'air dans l'étendue de toute circonscription comprise dans le ressort où, dotés d'un commandement territorial, ils ont exercé leur autorité depuis moins d'un an ;
  • Les fonctionnaires des corps actifs de police dans les cantons où ils exercent ou ont exercé leurs fonctions depuis moins d'un an ;
  • Les ingénieurs en chef, ingénieurs en chef adjoints et ingénieurs des ponts et chaussées, les ingénieurs du service ordinaire des mines, les ingénieurs des travaux et autres agents du génie rural, des eaux et des forêts, les ingénieurs en chef et ingénieurs des services agricoles affectés à une direction des services agricoles ou à une inspection de la protection des végétaux dans les départements où ils exercent ou ont exercé leurs fonctions depuis moins d'un an ;
  • Les recteurs d'académie, dans tous les départements compris dans l'académie où ils exercent ou ont exercé depuis moins d'un an ; les inspecteurs d'académie et les inspecteurs de l'enseignement primaire dans le département où ils exercent ou ont exercé leurs fonctions depuis moins d'un an ;
  • les agents et comptables de tout ordre agissant en qualité de fonctionnaire, dans le département où ils exercent ou ont exercé leurs fonctions depuis moins d'un an ;
  • Les directeurs départementaux et inspecteurs principaux des postes et télécommunications, dans le département où ils exercent ou ont exercé leurs fonctions depuis moins d'un an ;
  • Les vétérinaires inspecteurs en chef, vétérinaires inspecteurs principaux et vétérinaires inspecteurs chargés des fonctions de directeur des services vétérinaires dans le département ;
  • Les inspecteurs des instruments de mesure dans les cantons où ils exercent ou ont exercé leurs fonctions depuis moins d'un an ;
  • Les directeurs départementaux et inspecteurs de l'action sanitaire et sociale dans le département où ils exercent ou ont exercé leurs fonctions depuis moins d'un an ;
  • Les directeurs et chefs de service régionaux des administrations civiles de l'Etat dans les départements où ils exercent ou ont exercé leurs fonctions depuis moins d'un an ;
  • Les membres du cabinet du président du conseil départemental et du président du conseil régional, les directeurs généraux, les directeurs, les directeurs adjoints, les chefs de service et les chefs de bureau de conseil départemental et de conseil régional dans la circonscription où ils exercent ou ont exercé leurs fonctions depuis moins d'un an ;
  • Les membres du cabinet du président de l'Assemblée et les membres du cabinet du président du conseil exécutif de Corse, les directeurs généraux, les directeurs, directeurs adjoints, chefs de service et chefs de bureau de la collectivité territoriale de Corse et de ses établissements publics dans les départements de la Corse-du-Sud et de la Haute-Corse, s'ils y exercent leurs fonctions ou les ont exercées depuis moins d'un an.
DépartementsSituation avant
la réforme
Situation après la réforme
Nombre de
cantons et de
conseillers
généraux
Nombre
de
cantons
Nombres de
conseillers
départementaux
01Ain432346
02Aisne422142
03Allier351938
04Alpes-de-Haute-Provence301530
05Hautes-Alpes301530
06Alpes-Maritimes522754
07Ardèche331734
08Ardennes371938
09Ariège221326
10Aube331734
11Aude351938
12Aveyron462346
13Bouches-du-Rhône572958
14Calvados492550
15Cantal271530
16Charente351938
17Charente-Maritime512754
18Cher351938
19Corrèze371938
2ACorse-du-Sud221122
2BHaute-Corse301530
21Côte-d'Or432346
22Côtes-d'Armor522754
23Creuse271530
24Dordogne502550
25Doubs351938
26Drôme361938
27Eure432346
28Eure-et-Loir291530
29Finistère542754
30Gard462346
31Haute-Garonne532754
32Gers311734
33Gironde633366
34Hérault492550
35Ille-et-Vilaine532754
36Indre261326
37Indre-et-Loire371938
38Isère582958
39Jura341734
40Landes301530
41Loir-et-Cher301530
42Loire402142
43Haute-Loire351938
44Loire-Atlantique593162
45Loiret412142
46Lot311734
47Lot-et-Garonne402142
48Lozère251326
49Maine-et-Loire412142
50Manche522754
51Marne442346
52Haute-Marne321734
53Mayenne321734
54Meurthe-et-Moselle442346
55Meuse311734
56Morbihan422142
57Moselle512754
58Nièvre321734
59Nord794182
60Oise412142
61Orne402142
62Pas-de-Calais773978
63Puy-de-Dôme613162
64Pyrénées-Atlantiques522754
65Hautes-Pyrénées341734
66Pyrénées-Orientales311734
67Bas-Rhin442346
68Haut-Rhin311734
69Rhône541326
70Haute-Saône321734
71Saône-et-Loire572958
72Sarthe402142
73Savoie371938
74Haute-Savoie341734
76Seine-Maritime693570
77Seine-et-Marne432346
78Yvelines392142
79Deux-Sèvres331734
80Somme462346
81Tarn462346
82Tarn-et-Garonne301530
83Var432346
84Vaucluse241734
85Vendée311734
86Vienne381938
87Haute-Vienne422142
88Vosges311734
89Yonne422142
90Territoire de Belfort15918
91Essonne422142
92Hauts-de-Seine452346
93Seine-Saint-Denis402142
94Val-de-Marne492550
95Val-d'Oise392142
 Guadeloupe402142
 Martinique45--
 Guyane19--
 La Réunion492550
 Mayotte191326
 Total403520544108

Les Départementales 2015 - Analyse et bilan_html_4610d745.jpg

 

  1. ^ Projet de loi portant nouvelle organisation territoriale de la République, n° 636, déposé le 18 juin 2014 sur le bureau du Sénat. Adopté en première lecture par le Sénat après engagement de la procédure accélérée le 27 janvier 2015 par 192 voix pour et 11 voix contre et en première lecture par l'Assemblée nationale par à 306 voix contre 238 et 11 abstentions.
  2. ^ LOI n° 2013-403 du 17 mai 2013 relative à l'élection des conseillers départementaux, des conseillers municipaux et des conseillers communautaires, et modifiant le calendrier électoral.

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Créé le 07/04/2015