E-CONNAISSANCES   Questions clés   Anatomie du gouvernement Valls

Anatomie du gouvernement Valls

Dans organisation politique 

Au lendemain de l’échec cuisant des municipales[1], François Hollande a annoncé aux français auxquels il s’adressait solennellement, qu’il avait  nommé un nouveau Premier ministre : Manuel Valls.

C’est le seul Président de la Cinquième République qui a changé de Gouvernement au lendemain d’une élection municipale, c’est dire non seulement l’importance de l’échec électoral, mais aussi la rapidité de la réaction présidentielle

Toutefois, le Président, a hésité pendant toute la journée du 31 mars. Il a entendu dans la matinée, Jean-Marc Ayrault pendant plus de deux heures plaider pour son maintien à Matignon, mais, il ne lui annoncera sa décision par téléphone que  l’après-midi, après avoir entendu Manuel Valls.

Ensuite les choses iront bon train. Le lendemain, 1er avril, le Premier ministre est nommé, le 2, seize ministres le sont également, le 4, le premier Conseil des ministres est réuni,  le 8, le Premier ministre se présente devant l'Assemblée nationale pour y engager la responsabilité de son Gouvernement[2] et enfin le 9, les quatorze secrétaires d’État sont nommés.


[1]

 % des exprimés

Élus dans les communes de

+ 1000 habitants

DROITE49,41%104 706
GAUCHE32,45%68 763
EXTRÊME GAUCHE1,36%2 872
EXTRÊME DROITE0,76%1 614

 

[2] Résultat du vote de confiance :

Parti socialiste : 279 pour, 11 abstentions, 1 non votant (Claude Bartolone)

EELV : 10 pour, 6 abstentions, 1 contre

PRG : 14 pour, 3 abstentions

Front de Gauche : 2 pour, 12 contre, 1 abstention

UDI : 23 contre, 3 abstentions, 4 absents (dont Jean-Louis Borloo)

UMP : 197 contre, 1 abstention, 1 non-votant

Non-inscrits : 1 pour, 6 contre (dont les 3 députés d’extrême droite), 1 abstention

TOTAL : 306 voix pour ; 227 contre ; 26 abstentions.

 

Sommaire

Le décret présidentiel de nomination n’est pas contresigné, il s’agit là d’un pouvoir propre du Président.

Juridiquement, le Président est totalement libre. En fait il l’est moins, notamment en période de cohabitation où le choix du Premier ministre est imposé par la nouvelle majorité. C’est ce que l’on a pu vérifier aussi bien lors de la nomination de Jacques Chirac en 1986, d’Edouard Balladur en 1993 et de Lionel Jospin en 1997.

Quand il y a concordance des majorités, comme actuellement, le choix présidentiel est en principe totalement discrétionnaire. Cependant une évolution a pu être constatée ces derniers temps puisque selon certains observateurs Dominique de Villepin se serait sinon nommé du moins imposé comme Premier ministre de Jacques Chirac. Mais surtout, François Fillon aurait été maintenu à la tête du Gouvernement grâce à l’appui insistant de la majorité parlementaire et de sa popularité révélée par les sondages.

Quant à Jean-Marc Ayrault, il n’a pas connu le même succès que François Fillon, car malgré l’appui d’un certain nombre de ministres et notamment des Verts qui ont fait pression pour son maintien et malgré son long plaidoyer auprès du Président de la République, il n’a pas réussi à se maintenir à son poste

Le choix de Manuel Valls s’est imposé à François Hollande, faute de combattant.

Manuel Valls est le vingt et unième Premier ministre1 dirigeant le trente septième Gouvernement de la Cinquième République.

Issu de l’aile droite du Parti socialiste, ne disposant pas d’un véritable courant au sein de celui-ci, sans véritables relais ni soutiens ou alliés au sein du Gouvernement, on peut se demander quelle sera l’autorité du Premier ministre et ce d’autant plus qu’il dispose à l'Assemblée nationale d’une majorité absolue qui pourrait s’effriter à la moindre difficulté. En réalité, il compte sur sa popularité auprès des français2 et sur son tempérament ainsi que sur la maîtrise de sa communication. Mais jusqu’à quand cela lui permettra-t-il de conserver son leadership politique, d’autant plus que la situation économique et sociale n’est pas au beau fixe ?

21 PREMIERS MINISTRES POUR 37 GOUVERNEMENTS
Charles DE GAULLE
1-Michel DEBRE08-01-1959 / 14-04-1962
2-Georges POMPIDOU14-04-1962 / 28-11-1962
3-Georges POMPIDOU28-11-1962 / 08-01-1966
Charles DE GAULLE (2ème septennat)
4-Georges POMPIDOU08-01-1966 / 01-04-1967
5-Georges POMPIDOU06-04-1967 /10-07-1968
6-Maurice COUVE de MURVILLE10-07-1968 / 20-06-1969
Georges POMPIDOU
7-Jacques CHABAN-DELMAS20-06-1969 / 05-07-1972
8-Pierre MESSMER05-07-1962 / 28-03-1973
9-Pierre MESSMER02-04-1973 / 27-02-1974
10-Pierre MESSMER27-02-1974 / 27-05-1974
Valéry GISCARD D’ESTAING
11-Jacques CHIRAC27-05-1974 / 25-08-1976
12-Raymond BARRE25-08-1976 / 29-09-1977
13-Raymond BARRE29-09-1977 / 31-03-1978
14-Raymond BARRE03-04-1978 / 21-05-1981
François MITTERRAND
15-Pierre MAUROY21-05-1981 / 23-06-1981
16-Pierre MAUROY23-06-1981 / 22-03-1983
17-Pierre MAUROY22-03-1983 / 19-07-1984
18-Laurent FABIUS19-07-1984 / 20-03-1986
19-Jacques CHIRAC20-03-1986 / 10-05-1988
François MITTERRAND (2ème septennat)
20-Michel ROCARD10-05-1988 / 23-06-1988
21-Michel ROCARD23-06-1988 / 15-05-1991
22-Edith CRESSON15-05-1991 / 02-04-1992
23-Pierre BEREGOVOY02-04-1992 / 29-03-1993
24-Edouard BALLADUR29-03-1993 / 17-05-1995
Jacques CHIRAC
25-Alain JUPPE17-05-1995 / 07-11-1995
26-Alain JUPPE07-11-1995 / 02-06-1997
27-Lionel JOSPIN02-06-1997 / 06-05-2002
Jacques CHIRAC (2ème mandat)
28-Jean-Pierre RAFFARIN06-05-2002 /17-06-2002
29-Jean-Pierre RAFFARIN17-06-2002/30-03-2004
30-Jean-Pierre RAFFARIN30-03-2004/ 31-05-2005
31-Dominique de VILLEPIN31-05-2005/ 16-05 2007
Nicolas SARKOZY
32-François FILLON17-05-2007/19-06-2007
33-François FILLON19-06-2007/ 13-11-2010
34-François FILLON14-11-2010/ 10-5- 2012
François HOLLANDE
35-Jean-Marc AYRAULT16-05-2012/ 21-06-2012
36-Jean-Marc AYRAULT21-6-2012/ 31-03-2014
37- Manuel VALLS31-03-2014/…

Pour répondre à cette question il nous parait utile de mieux connaitre l’anatomie du nouveau Gouvernement, que l’on découvrira à travers ses dimensions et sa composition.

1  Dimensions

Elles sont quantitatives et qualitatives

1.1  Dimensions quantitatives

1.1.1  Les effectifs

Durant la campagne présidentielle, le président de la République avait annoncé un gouvernement réduit, construit autour de 15 pôles ministériels. Cet objectif n’a pas été atteint dans le Gouvernement Ayrault, mais il l’est presque dans le Gouvernement Valls qui compte 16 ministres de plein exercice, 16 pôles ministériels. Mais, si l’on s’intéresse à l’ensemble des membres du Gouvernement on est loin de cet objectif.

Ce thème de la limitation du nombre de ministres n’était pas nouveau, puisqu’il est apparu en France au lendemain des événements du 6 février 1934. C’est, André Tardieu qui, dans le cadre de la « réforme de l’Etat » qu’il appelait de ses vœux, a formulé le souhait que le nombre de ministres fût limité à six.

Mais aucun Gouvernement n’a pu atteindre cet objectif. Sous la Cinquième République, les gouvernements les plus resserrés ont été les gouvernements Fillon 1 avec 20 membres, Pompidou 2 et Jospin 1, avec 26 membres, suivis par les gouvernements Debré (26), Pompidou 3 (27) et Pompidou 1, Pompidou 4, Messmer 3, Balladur. Les années 1974 à 1993 ont été des périodes de forte croissance des gouvernements, avec un record de 49 membres pour le gouvernement Rocard II, 45 membres pour les gouvernements Mauroy 2 et Cresson et 42 pour les gouvernements Mauroy 1, Mauroy 3 et Fabius ; plus récemment encore, il y avait 42 membres dans le gouvernement Juppé 1 et 43 membres dans le gouvernement Raffarin 3.

Sur l’ensemble de la Ve République, la moyenne s’établit à 35,13 membres par gouvernement. Avec 30 membres, le Gouvernement Valls se classe relativement bien et l’on peut dire qu’il est effectivement resserré, plus en tous les cas que celui de son prédécesseur, mais si peu (38 membres).


TotalMinistres d'ÉtatMinistresMinistres déléguésSecrétaires d'ÉtatHaut -commissaire
Gouvernement Fillon n°120114-41
Gouvernement Pompidou n°22541614-
Gouvernement Jospin26-14210-
Gouvernement Debré2641516-
Gouvernement Pompidou n°42751516-
Gouvernement Pompidou n°327313110-
Gouvernement Raffarin n°127-1566-
Gouvernement Pompidou n°12851427-
Gouvernement Messmer n°328312-13-
Gouvernement Balladur294196--
Gouvernement Messmer n°129214310-
Gouvernement C. de Murville30412212-
Gouvernement Fillon n°33021378-
GOUVERNEMENT VALLS30-16-14-
Gouvernement de Villepin3111515--
Gouvernement Juppé n°232-16115-
GOUVERNEMENT AYRAULT 134-18160-
Gouvernement Barre n°135313118-
Gouvernement Barre n°337-19-18-
Gouvernement Messmer n°237-21-16-
Gouvernement Chaban-Delmas38313220-
Gouvernement Fillon n°2382153171
GOUVERNEMENT AYRAULT 2380201800
Gouvernement Raffarin n°238-151112-
Gouvernement Barre n°239-13125-
Gouvernement Bérégovoy41317615-
Gouvernement Rocard n°141414815-
Gouvernement Fabius42115620-
Gouvernement Mauroy n°342-14820-
Gouvernement Juppé n°142-26214-
Gouvernement Mauroy n°142519612-
Gouvernement Mauroy n°24352189-
Gouvernement Raffarin n°3431161313-
Gouvernement Cresson455141016-
Gouvernement Chirac n°1451-1421-
Gouvernement Chirac n°246113851
Gouvernement Rocard n°2494171117-
Source : Politiquemania

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1.1.2  La durée

Il peut paraître surprenant de parler de la durée du Gouvernement, alors même que celui-ci vient d’être nommé. Mais il faut remarquer que ce Gouvernement est le deuxième du quinquennat et qu’en conséquence son mandat se terminera forcément au plus tard à la fin de celui-ci. C’est-à-dire, dans un peu plus de trois ans, soit plus précisément 1130 jours.

Mais, d’aucuns estiment que son mandat pourrait être écourté peu de temps avant l’élection présidentielle pour laisser la place à un premier ministre classé beaucoup plus à gauche afin que François Hollande puisse rassembler son camp. Il est évidement trop tôt pour l’affirmer. Seul l’avenir le dira.

Durée d'exercice des différents Premiers ministres

Nbre de joursNbre de mandats
Georges POMPIDOU2 2794
François FILLON1 8203
Lionel JOSPIN1 7991
Raymond BARRE1 7223
Jacques CHIRAC1 6032
Michel DEBRE1 1921
Pierre MAUROY 1 1533
Jean-Pierre RAFFARIN 1 1213
Jacques CHABAN-DELMAS1 1111
Michel ROCARD1 1002
Édouard BALLADUR7731
Alain JUPPE7472
Dominique de VILLEPIN7121
Pierre MESSMER6913
Jean-Marc AYRAULT6913
Laurent FABIUS6111
Pierre BEREGOVOY3611
Maurice COUVE de MURVILLE3451
Édith CRESSON3231
Source : Politiquemania
Durée de vie des gouvernements

Nbre de jours
Gouvernement Jospin 1 799
Gouvernement Fillon 2 1244
Gouvernement Debré 1 192
Gouvernement Pompidou 2 1 137
Gouvernement Barre 3 1 136
Gouvernement Chaban-Delmas 1 111
Gouvernement Rocard 2 1 056
Gouvernement Chirac 1 821
Gouvernement Chirac 2 782
Gouvernement Balladur 773
Gouvernement de Villepin 712
Gouvernement Raffarin 2 652
Gouvernement Ayrault 2 652
Gouvernement Mauroy 2 638
Gouvernement Fabius 611
Gouvernement Juppé 2 573
Gouvernement Fillon 3 543
Gouvernement Mauroy 3 483
Gouvernement Pompidou 4 461
Gouvernement Pompidou 3 448
Gouvernement Raffarin 3 427
Gouvernement Barre 2 367
Gouvernement Bérégovoy 361
Gouvernement Couve de Murville 345
Gouvernement Messmer 2 331
Gouvernement Cresson 323
Gouvernement Messmer 1 266
Gouvernement Pompidou 1 228
Gouvernement Barre 1 216
Gouvernement Juppé 1 174
Gouvernement Messmer 3 89
Gouvernement Rocard 1 43
Gouvernement Raffarin 1 42
Gouvernement Ayrault 1 34
Gouvernement Mauroy 1 32
Gouvernement Fillon 1 32
Source : Politiquemania

1.2  Dimension qualitative

Au sein du gouvernement, les différents ministres ont un statut différent et des périmètres variables.

1.2.1  Le statut des différents ministères

Le Gouvernement Valls est resserré, il ne comprend ni ministres d’Etat, ni ministres délégués, mais seulement des ministres de plein exercice et des secrétaires d’Etat.


Fillon 1

17 mai 2007

Fillon 2

19 juin 2007

Fillon 3

13 nov 2010

Fillon 3

27 fév 2011

Fillon 3

29 mai 2011

Fillon

2 9 juin 2011

Ayrault

6 mai 2012

Ayrault
2 juin 2012

Valls

1avril 20014

Premier ministre111111111
Ministres d’État122211000
Ministres141513131415182016
Ministres    délégués03777816180
Secrétaires d’État41788790014
Haut-commissaire110000000
TOTAL213931313034353930

François Hollande n’a nommé aucun ministre d’État dans le Gouvernement Ayrault, ni dans le Gouvernement Vals. On peut s’étonner de ce que Laurent Fabius n’ait pas été nommé Ministre d’Etat, alors qu’il a joué un rôle important dans le Gouvernement précédent à la tête de la diplomatie française. De plus, son passé politique, (ancien Premier ministre, ancien ministre, ancien président de l’Assemblée nationale) plaidait évidement en faveur d’une telle promotion.

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Les ministres de plein exercice, constituent la catégorie la plus nombreuse. Ils sont à la tête d’un département ministériel, c’est à dire une administration formée de services centraux et déconcentrés.

Sous la Cinquième République, leur nombre a varié entre 21 dans le gouvernement Mauroy et 14 dans le gouvernement Fillon 1. François Hollande avait promis 15 pôles ministériels, finalement il y en a 16, parité oblige.

Comme François Hollande, l’avait annoncé, le Gouvernement Valls devait être un « Gouvernement de combat ». Cela s’est traduit par un resserrement des effectifs, ce qui est le cas pour les ministres de plein exercice. Cela se traduit aussi par une disparition des ministres délégués. Cette mesure permet de réunir un Conseil des ministres aux dimensions réduite, aux effectifs des seuls ministres de plein exercice. De ce fait le Conseil peut devenir un organe stratégique au sein duquel les ministres peuvent échanger et ainsi éviter dans la mesure du possible le « couacs » si nombreux sous le Gouvernement précédent. Du moins c’est ce que l’on peut espérer.
C’est pour cette même raison que le Premier ministre a présenté lors du premier Conseil des ministres une communication relative à la méthode de travail du Gouvernement. Celle-ci fait penser à la Circulaire du 25 mai 1988 que Michel Rocard avait publié lors de son entrée en fonction.

Les secrétaires d'Etat forment une catégorie dont l’origine remonte à la IIIe République où ils portaient le titre de sous-secrétaire d’Etat.

Ils reçoivent des instructions du ministre auprès duquel ils sont nommés. Ils n’ont pas autorité sur leurs services dont ils ont seulement la disposition. Ils ne peuvent contresigner seuls les décrets qui concernent leurs compétences, surtout, ils n’assistent pas aux délibérations du Conseil des ministres sauf s’ils sont invités. Dans les gouvernements Fillon, leur nombre était de 4 au départ, il est passé à 17 dans le deuxième gouvernement Fillon. Par la suite il a oscillé entre 7 et 9.
Les gouvernements Ayrault ne comptaient aucun secrétaire d’Etat ce qui est extrêmement rare. Seuls deux gouvernements, celui de Dominique de Villepin et celui d’Edouard Balladur étaient dans cette situation. Cela s’explique sans doute par le fait que le nombre de ministres délégués y étaient à l’inverse le plus important.

Dans le Gouvernement Valls, 14 secrétaires d’Etat ont été nommé le 9 avril, soit 7 jours après la nomination des ministres. Ce retard a peut-être été provoqué par la réflexion nécessaire à de tels choix, mais on peut en douter. Il s’agissait plutôt de souligner le « caractère de combat » du Gouvernement, en mettant l’accent sur l’existence de son noyau dur, celui formé par les 16 ministres pleins.

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Quittent le Gouvernement
1-Pierre Moscovici
2-Vincent Peillon
3- Cécile Duflot
4-Valérie Fourneyron
5-Kader Arif
6-Nicole Bricq
7-Michèle Delaunay
8-Dominique Bertinotti
9-Marie-Arlette Carlotti
10- Victorin Lurel
11-François Lamy
12-Thierry Repentin
13-Guillaume Garot
14- Anne-Marie Escoffier
15-Alain Vidalies
16-Yamina Benguigui
17-Pascal Canfin
18-Hélène Conway-Mouret
GOUVERNEMENT DE MANUEL VALLS
Manuel Valls,  Premier ministre
Jean-Marie Le Guen,  Secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement
Laurent FABIUS,  ministre des affaires étrangères et du développement international    
Harlem Désir,  Secrétaire d’État chargé des Affaires européennes
Fleur Pellerin, Secrétaire d’État chargée du Commerce extérieur de la Promotion du tourisme et des Français de l'étranger
Annick Girardin,  Secrétaire d’État chargée du Développement et de la Francophonie
Ségolène ROYAL, ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie
Frédéric Cuvillier  Secrétaire d’État chargé des Transports de la Mer et de la Pêche
Benoît HAMON,  ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche
Geneviève Fioraso,  Secrétaire d’État chargée de l’enseignement supérieur et de la Recherche
Christiane TAUBIRA,  garde des sceaux, ministre de la justice
Michel SAPIN,  ministre des finances et des comptes publics
Christian Eckert,  Secrétaire d’État chargé du Budget
Arnaud MONTEBOURG,  ministre de l'économie, du redressement productif et du numérique
Axelle Lemaire,  Secrétaire d’État chargée du Numérique
Valérie Fourneyron,  Secrétaire d’État chargée du Commerce, de l’Artisanat, de l’Économie sociale et solidaire
Marisol TOURAINE,  ministre des affaires sociales
Laurence Rossignol,  Secrétaire d’État chargée de la Famille et des Personnes âgées et de l’Autonomie
Ségolène Neuville,  Secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion
François REBSAMEN, ministre du travail, de l'emploi et du dialogue social
Jean-Yves LE DRIAN,  ministre de la défense
Kader Arif Kader Arif, Secrétaire d’État chargé des Anciens combattants et de la Mémoire
Bernard CAZENEUVE,  ministre de l'intérieur
Najat VALLAUD-BELKACEM,  ministre des droits des femmes, de la ville, de la jeunesse et des sports
Thierry Braillard,  Secrétaire d’État chargé des Sports
Marylise LEBRANCHU,  ministre de la décentralisation, de la réforme de l’État et de la fonction publique
André Vallini,  Secrétaire d’État chargé de la Réforme territoriale
Aurélie FILIPPETTI,  ministre de la culture et de la communication
Stéphane LE FOLL,  ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du Gouvernement
Sylvia PINEL,  ministre du logement et de l'égalité des territoires
George PAU-LANGEVIN,  ministre des outre-mer 

1.2.2  Le périmètre des différents ministères

Quatre ministres qui faisaient partie du précédent Gouvernement se retrouvent à nouveau dans le celui qui est dirigé par Manuel Valls, mais avec des attributions renforcées.

Restent à leur poste avec des attributions renforcées
1- Laurent FABIUS, ministre des Affaires étrangères et du Développement international
2-Stéphane LE FOLL ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt, porte-parole du gouvernement
3-Arnaud MONTEBOURG, ministre de l’Économie, du Redressement productif et du Numérique
4-Najat VALLAUD-BELKACEM, ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports

Laurent Fabius reste le numéro 1 du Gouvernement dans l’ordre protocolaire, il reste au quai d’Orsay, mais ses attributions s’élargissent au « Développement international ». Ce qui concrètement signifie qu’il hérite du « Commerce extérieur » et de la « promotion du tourisme ».
Cette promotion s’est faite au détriment de Bercy, et singulièrement d’Arnaud Montebourg qui paradoxalement bénéficie malgré tout d’un élargissement de ses compétences.
Dans le Gouvernement précédent, on a beaucoup raillé la présence à Bercy de sept ministres, trois de plein exercice et quatre ministres délégués. Dans ces conditions, il ne pouvait pas y avoir de « patron » dans ce qui est la citadelle de l’économie au sens large.
Dans le Gouvernement actuel, le nombre de ministres a diminué, puisqu’il ne reste plus que deux ministres de plein exercice à Bercy et trois secrétaires d’État. On est semble-t-il revenu à un schéma traditionnel, du moins ces dernières années, celles qui précèdent le Gouvernement Ayrault.
Depuis le début de la Cinquième République, le ministère de l’Économie et des Finances a constitué une véritable forteresse administrative. Celle-ci a été construite autour d’un ministre de plein exercice et d’un secrétaire d’Etat chargé du budget.
La forteresse sera renforcée par Raymond Barre dans ses deux premiers gouvernements puisqu’il assurera lui-même en tant que Premier ministre la direction de ce ministère, aidé par un ministre délégué à l’économie et aux finances et un secrétaire d’État au budget.
Mais dans son troisième gouvernement, Raymond Barre reviendra sur cette organisation en mettant en place deux ministres de plein exercice, l’un chargé de l’économie, l’autre chargé du budget.
Cette formule sera par la suite oubliéen- elle ne réapparaîtra qu’à deux occasions dans les gouvernements Bérégovoy puis Balladur - avant de devenir à nouveau la règle dans le gouvernement Fillon.
L’Industrie qui a été rattachée au ministère de l’Économie et des Finances par Dominique Strauss-Kahn en 1997 pour bâtir une « machine » étatique ayant tous les moyens de soutenir l’économie, sur le modèle de l’ancien MITI japonais, a été un temps détachée auprès du ministère de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables puis réintégrée.
Manuel Valls reprend ce schéma dans ces grandes lignes. Il y a désormais deux ministres de plein exercice à Bercy : le premier dans l’ordre protocolaire est Michel Sapin, il prend en charge les finances et les comptes publics avec le concours d’un secrétaire d’Etat, Christian Eckert, chargé du Budget. L’autre ministre plein est Arnaud Montebourg, de qui relève, l’économie, le redressement productif - c’est-à-dire l’industrie - et le numérique, ce dernier secteur étant confié à une secrétaire d’Etat : Axelle Lemaire. Une autre Secrétaire d’Etat, Valérie Fourneyron est chargée du Commerce, de l’Artisanat, de l’Economie sociale et solidaire. Le modèle du MITI japonais semble donc renaître.
Parmi les autres ministres bénéficiant d’un élargissement de compétences il faut citer Stéphane Le Foll, qui en plus de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, ajoute le porte-parolat du Gouvernement à son portefeuille.
Najat Vallaud-Belkacem, cesse d’être la porte-parole du Gouvernement, tout en restant ministre des Droits des femmes, mais ajoute à ses compétences, la Ville, la Jeunesse et les Sports. Ce nouveau ministère sans grande cohérence a pu être qualifié de ministère voiture-balai. On mesure ainsi la difficulté qu’un Premier ministre peut rencontrer lorsqu’il doit à tout prix réduire le nombre de ministères !
Si certains semblent promus, d’autres au contraire ont vu leur statut perdre de l’importance.
Une ancienne ministre du Gouvernement Ayrault fait partie du nouveau Gouvernement, en exerçant les mêmes compétences, mais avec le statut de secrétaire d’Etat. Il s’agit de Geneviève Fioraso en charge des Universités et de la Recherche. Une autre, Valérie Fourneyron change d’attribution, et passe du Sport au Commerce, à l’Artisanat et à l’économie sociale, mais avec le statut de secrétaire d’Etat.
L’ancienne ministre déléguée au numérique, Fleur Pellerin prend en charge le Commerce extérieur, la Promotion du Commerce et les Français de l’étranger, mais avec le statut de secrétaire d’Etat. Enfin, Frédéric Cuvillier conserve les Transports, la Mer et la Pêche, mais lui aussi en devenant secrétaire d’État.

2  Composition

De manière générale, la composition des gouvernements tient compte de subtils équilibres politiques, géographiques et sociologiques, c’est également le cas dans le gouvernement de Manuel Valls.

2.1  Composition politique

2.1.1  L’appartenance politique

Les socialistes sont évidemment bien représentés dans le Gouvernement puisqu’ils sont au nombre de 26 sur 30 soit 86,66% c’est-à-dire la même proportion que dans le Gouvernement Ayrault. Les quatre autres ministres sont des radicaux de gauche. Les écologistes ne sont pas représentés conformément à ce qu’ils avaient annoncé.
Parmi les socialistes, toutes les sensibilités internes le sont aussi.

PS : 27PRG : 4
HOLLANDEVALLSMONTEBOURGROYALAUBRYAUTRES
10212844
J-Y Le DrianM.VALLSMontebourgS. RoyalL. FabiusC EckertC. Taubira
S. Le FollJ-M. Le GuenN.V.-BelkacemB. HamonS. NeuvilleS. Pinel
Michel SapinM. LebranchuA. LemaireA. Girardin
M. TouraineF.CuvillierPau-LangevinT. Braillard
A. FilippettiV. Fourneyron
F. PellerinB.Cazeneuve
Kader ArifH. Désir
G. FiorasoL. Rossignol
FRebsamen
A .Vallini

Le Premier ministre ne dispose pratiquement pas d’alliés au sein de son propre Gouvernement. En effet, il n’a pas pu imposer Jean-Jacques Urvoas qui est un proche à la tête du Ministère de l’Intérieur. Seul, Jean Marie Le Guen, qui après la disparition politique de DSK s’est rapproché de Manuel Valls, a été nommé secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement et encore

Bien sûr ses alliés de circonstance, Arnaud Montebourg et Benoit Hamon font partie de son équipe à des postes non négligeables et ont bénéficié de promotions.

Mais, des « hollandais » de poids ont été nommés à des postes importants. Michel Sapin à Bercy qui peut ainsi contrebalancer l’influence d’Arnaud Montebourg, Stéphane Le Foll reste à l’Agriculture et devient Porte-parole du Gouvernement, François Rebsamen est nommé au Travail et Jean-Yves Le Drian reste à la Défense.

2.1.2  La pratique politique

Sur ce plan, on remarquera le nombre extrêmement important d’anciens ministres. Puisque, sur les 30 membres du Gouvernement, 20 ont une expérience ministérielle soit les deux tiers. Sur les 20, 19 faisaient partie du Gouvernement Ayrault. Bien sûr, le Premier ministre qui n’est pas compté parmi les membres du Gouvernement faisait lui aussi partie du Gouvernement précédent. Seuls six ministres ont exercé de telles fonctions dans des Gouvernements antérieurs à 2012, il s’agit de Laurent Fabius qui de plus a été Premier ministre, Pierre Moscovici, Michel Sapin, Marylise Lebranchu, Jean-Yves Le Drian et Ségolène Royal. Tous à l’exception de Fleur Pellerin ont exercé un mandat parlementaire, vingt-six celui de député, et trois celui de sénateur, trois également celui de député européen. Certains ont dirigé des exécutifs locaux qu’il s’agisse de la présidence de Conseil régionaux (Ségolène Royal en Poitou-Charentes, Jean-Yves Le Drian en Bretagne, Michel Sapin dans le Centre) d’autres ont présidé des Conseils Généraux (Marisol Touraine en Indre-et- Loire, Arnault Montebourg en Saône-et- Loire et André Vallini en Isère). D’autres ont exercé des responsabilités importantes au Parlement (Laurent Fabius a présidé l'Assemblée nationale, Christian Eckert a exercé les fonctions de Rapporteur général du Budget au sein de la Commission des finances de l'Assemblée nationale).Bon nombre ont été maires ou membre de Conseil généraux ou régionaux.

ministresdéputéssénateurs

députes

européens

pt de conseil

régional

pt de conseil

général

VALLS20263333
AYRAULT 15181422
AYRAULT 25194422

2.2  Composition géographique

L’implantation géographique des ministres est un élément souvent pris en compte lors de la formation d’un gouvernement. Si ses membres sont des ministres de la République, ils n’en sont pas moins, dans la réalité, représentants de leurs anciens électeurs, de leurs départements, voire de leurs régions.
Ce qui frappe au premier abord, c’est la surreprésentation de la région parisienne puisque 5 ministres sont issus de la région Ile-de-France soit 16, 66 % des membres du gouvernement contre plus de 25 % dans le Gouvernement précédent.
Plus précisément, et sans surprise, c’est Paris, qui avec quatre ministres, comporte le plus grand nombre de ministres. Les départements de l’Essonne, de Seine- Saint- Denis et de Seine et Marne ne sont plus représentés, seule les Yvelines le sont encore. De manière plus générale, il faut souligner que 16 régions sont représentées contre 18 dans le Gouvernement. Cela souligne la moins grande dispersion des ministres sur tout le territoire mais qui s’explique bien sûr par la réduction du nombre de ministres. On remarquera cependant qu’une région qui n’était pas représentée l’est aujourd’hui, il s’agit de Languedoc-Roussillon. Pour la première fois, Saint Pierre et Miquelon est représenté et une ministre est élue à l’étranger : au Royaume-Uni.

AnatomiegouvernementValls-2_html_m66c28941.png

RÉGIONSDÉPARTEMENTS
ÎLE-DE-FRANCE : 5Paris : 4 ; Yvelines : 1
RHÔNE-ALPES : 4Isère : 2 ; Rhône : 2 
BOURGOGNE : 2Saône et Loire : 1 ; Côte d’Or : 1
BRETAGNE : 2Finistère : Morbihan : 2
CENTRE : 2Indre : 1 ; Indre et Loire : 1
HAUTE-NORMANDIE : 2Seine-Maritime : 2 ;
LORRAINE : 2Moselle : 1 : Meurthe et Moselle : 1
MIDI-PYRÉNÉES : 2Haute-Garonne 1 ; Tarn-et-Garonne 1 
BASSE-NORMANDIE : 1Manche : 1
GUYANE : 1Guyane : 1
LANGUEDOC-ROUSSILLON :1Pyrénées- Orientales : 1
NORD-PAS-DE-CALAIS : 1Nord : 1 
PAYS-DE-LA-LOIRE : 1Sarthe : 1 ;
PICARDIE : 1Oise : 1
POITOU-CHARENTES : 1Deux-Sèvres : 1
SAINT PIERRE ET MIQUELON : 1
ÉTRANGER : 1UK : 1

2.3  Composition sociologique

2.3.1  L’âge

Le Premier ministre a 51 ans et demi. Il est juste en dessous de la moyenne qui est de 53 ans et demi.

AGE DES PREMIERS MINISTRES LORS DE LEUR NOMINATION
Laurent Fabius 37 ans 10 mois 28 jours
Jacques Chirac 41 ans 5 mois 29 jours
Michel Debré 46 ans 11 mois 25 jours
Alain Juppé 49 ans 9 mois 3 jours
Georges Pompidou 50 ans 9 mois 10 jours
Dominique de Villepin 51 ans 6 mois 20 jours
Manuel VALLS 51 ans 7 mois 19 jours
Raymond Barre 52 ans 4 mois 14 jours
Pierre Mauroy 52 ans 10 mois 17 jours
François Fillon 53 ans 2 mois 14 jours
Jean-Pierre Raffarin 53 ans 9 mois 4 jours
Jacques Chaban-Delmas 54 ans 3 mois 14 jours
Pierre Messmer 56 ans 3 mois 16 jours
Édith Cresson 57 ans 3 mois 19 jours
Michel Rocard 57 ans 8 mois 18 jours
Lionel Jospin 59 ans 10 mois 22 jours
Maurice Couve de Murville 61 ans 5 mois 17 jours
Jean-Marc Ayrault 62 ans 3 mois 21 jours
Édouard Balladur 63 ans 10 mois 28 jours
Pierre Bérégovoy 66 ans 4 mois 11 jours
Source : Politiquemania

La moyenne d'âge du Gouvernement Valls est de 53,12 ans, en incluant le Premier ministre. Elle est dans le même ordre de grandeur que les précédents gouvernements, 52,4 ans pour le Gouvernement Ayrault 1, 53,14 pour le gouvernement Fillon 1 et 53,23 pour le gouvernement Fillon3. Quant au gouvernement Ayrault 2 sa moyenne d’âge était de 53,17.

Sa benjamine est toujours Najat Vallaud-Belkacem, la ministre des Droits des femmes, de la Ville, du Sport et de la Jeunesse, elle a 36 ans. Sylvia Pinel a 1 mois de plus, Alex Lemaire a 39 ans. Les moins de 40 ans sont donc moins nombreux que dans le Gouvernement Ayrault (9,6% contre 17,9%)

Les plus âgés (60 ans et plus) sont au nombre de 9, le doyen est Laurent Fabius, premier ministre le plus jeune de François Mitterrand et actuel ministre des affaires étrangères. Ils sont moins nombreux que dans le gouvernement Ayrault 2 (29% contre 35,8%).

AgeFEMMES    HOMMESTOTAL
Fillon 3Ayrault 1Ayrault 2VallsFillon 3Ayrault 1Ayrault 2VallsFillon 1Fillon 3Ayrault 1Ayrault 2Valls
30-4021132660

0

0%

4 11,76%

7

20%

7

17,9%

3

9,6%

40-5063424014

7

33,33%

10

9,41%

3

8,52%

5

12,8%

6

19,3%

50-6077743569

8

38,09%

10

29,41%

12

34,28%

13

33,3%

13

41,9%

60 et plus97741675

6

28,57%

10

29,11%

13

37,14%

14

35,8%

9

29%

2.3.2  La parité

La parité est strictement respectée, avec 15 femmes et 15 hommes comme dans les deux Gouvernements Ayrault. De même, comme dans les deux Gouvernements précédents plusieurs gros ministères reviennent à des femmes : Christiane Taubira toujours à la Justice, Marisol Touraine toujours aux Affaires sociales et à la Santé, Aurélie Filippetti toujours à la Culture et Marylise Lebranchu toujours la Réforme de l’État, à la Décentralisation et à la Fonction publique. Mais la majorité des gros ministères reviennent à des hommes : Laurent Fabius aux Affaires étrangères, Benoit Hamon à l'Education nationale, Michel Sapin aux Finances Arnault Montebourg à l’Economie, Rebsamen au Travail, Jean-Yves Le Drian à la Défense…  


Fillon 1
17 mai 2007
Fillon 2
19 juin 2007
Fillon 3
13 nov 2010
Ayrault 1
16 mai 2012
Ayrault 2
21 juin 2012
VALLS
1 avril 2014
Premier ministre000000
Ministres d’État0

1

50%

1

50%

000
Ministres

7

33,33%

3

21,42%

5

38,46 %

9

50%

11

50%

8 50%
Ministres délégués002 28,57 %

8

50%

8

50%

0 50%
Secrétaires d’Etat0

9

47,36%

3

37,50%

007 50%
Haut- commissaire000000
TOTAL

7

33,33%

13

33,33%

11

35,48%

17

48,57%

19

48,7%

15 50%

2.3.3  La diversité

Elle est présente dans ce gouvernement. A l'image de la guyanaise Christiane Taubira, mais aussi de la parisienne George Pau-Langevin, originaire de Guadeloupe, de la Lyonnaise Najat Vallaud-Belkacem, née au Maroc, ou de la Montreuilloise Fleur Pellerin, née en Corée du Sud. 

Lors de son discours de politique générale, le Premier ministre a insisté sur le fait que né en Espagne, il est devenu français à vingt ans.

2.3.4   L’origine professionnelle

Contrairement à la plupart des Premiers ministres, Manuel Valls n’appartient pas à la fonction publique. Comme François Fillon, le nouveau Premier ministre a fait une carrière d’attaché parlementaire avant d’entrer véritablement en politique.

Dans le Gouvernement, les catégories les plus représentées sont, les fonctionnaires (17 sur 30 soit 56,66 % contre 51,42% dans le Gouvernement Ayrault). Parmi ceux-ci, les enseignants constituent 23,33% du Gouvernement et les cadres de la fonction publique, 33,33%. Au sein des cadres du public on dénombre 3 ministres issus des grands corps de l’Etat, 2 viennent du Conseil d’Etat (L. Fabius et M. Touraine), 1 de la Cour des comptes (F. Pellerin). 2 sont des médecins hospitaliers (V. Fourneyron ; S. Neuville). Parmi les enseignants 2 sont d’anciens universitaires (J.-Y. Le Drian et F. Cuvillier) et 5 sont des professeurs du secondaires. Bien sûr on trouve également des avocats au nombre de 5 et 1 médecin.

CatégorieProfessionNomAyraultValls
Professions libérales36
AvocatsMontebourg ;    Pau-Langevin ; Cazeneuve; Vallini; Braillard45
MédecinLe Guen1

Cadres secteur

privé

Vallaud-Belkacem; Desir; Arif63
Cadres secteur public910
Grands corpsFabius ; Touraine ;    Pellerin ;43
AutreSapin ; Royal ; Lebranchu; Rebsamen; Girardin ;25
Médecin hospitalierFourneyron ; Neuville32
Enseignants97
UniversitaireLe Drian ; Cuvillier42
Enseignant 2°et 1° degréTaubira ; Filippetti ; Fioraso ; Le Foll ; Eckert65

Politiques (Cabinet,

attaché parlementaire etc...)

Valls ;    Pinel ;    Hamon ;    Arif ; Rossignol75
Divers10

2.3.5  Études

Le niveau d’étude des ministres est relativement élevé comme en témoigne le tableau ci-dessous.

UNIVERSITÉSGRANDES ÉCOLES

Licence/

maitrise

DEA ; DESSAgrégationDoctoratIEP ParisESSECNormale SupENA
138327144

Contrairement à bon nombre de Premiers ministres de la Cinquième, (8 sur 21) Manuel Valls n’est pas passé par l’Ecole nationale d’administration (ENA) ou par une autre grande école (Normale supérieure, HEC etc..). Manuel Valls a fait des études universitaires. Il a obtenu à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne une licence d'histoire en 1986. De ce point de vue il est dans la perspective de ses immédiats prédécesseurs : Ayrault et Fillon qui n’ont fait que des études universitaires au niveau de la licence/maîtrise pour le premier et du DEA pour le second.

ÉTUDESPROFESSIONMANDAT PARLEMENTAIREEXPÉRIENCE MINISTÉRIELLE
1-Michel DEBREDroit, concours CEConseiller d’ÉtatSénateurOUI sous la IVe
2-Georges POMPIDOUNormale Supérieure, Agrégé de LettresProfesseur ; Banquier ; Conseiller d’État--
3-M. C. de MURVILLEConcours de l’Inspection des FinancesInspecteur des Finances--
4-J. CHABAN-DELMASSciences PoInspecteur des FinancesDéputéOUI sous la IVe
5-Pierre MESSMERÉcole nationale de la France d’Outre-MerHaut fonctionnaire-OUI
6-Jacques CHIRACENACour des ComptesDéputéOUI
7-Raymond BARREAgrégé de sciences écoProfesseur des Universités-OUI
8-Pierre MAUROYÉcole normale d’instituteurProfesseur enseignement techniqueDéputéNON
9-Laurent FABIUSENAConseil d’ÉtatDéputéOUI
10-Jacques CHIRACENACour des ComptesDéputéPremier ministre
11-Michel ROCARDENAInspecteur des financesDéputéOUI
12-Edith CRESSONHECIngénieur économiqueDéputéOUI
13-Pierre BEREGOVOYCAPFraiseur-OUI
14-Edouard BALLADURENAConseil d’État ; Dirigeant sociétéDéputéOUI
15-Alain JUPPEENAInspecteur des financesDéputéOUI
16-Lionel JOSPINENADiplomatie ; EnseignementDéputéOUI
17-J.-P. RAFFARINESCPCadre dans le privéSénateurOUI
18-D. de VILLEPINENADiplomatie-OUI
19-François FILLONDEA droit privéAssistant parlementaireDéputéOUI
20-Jean-Marc AYRAULTCAPES d’allemandProfesseur enseignement secondaireDéputéNON
21- Manuel VALLSMaîtrise histoireAssistant parlementaireDéputéOUI

*

*  *

Si l’anatomie du Gouvernement Valls présente les caractéristiques que l’on vient d’analyser, sa physiologie, c’est-à-dire son fonctionnement pose quelques questions.

Pourra-t-il faire passer ses textes à l'Assemblée nationale et donc gouverner ? Sa majorité au sein de cette assemblée est en effet étroite. Il ne peut véritablement s’appuyer que sur le Groupe socialiste qui compte actuellement 191 députés, mais 90 d’entre eux se sont réunis pour signer un contrat, intitulé « Les conditions de la confiance » qui manifestait une certaine distance vis-à-vis du Premier ministre. Il s’agit de parlementaires appartenant à différentes sensibilités : aile gauche, aubrystes, proches du mouvement « Gauche populaire », mais aussi un ou deux proches d'Arnaud Montebourg, ou encore le rapporteur du Budget à l'Assemblée nationale Christian Eckert.

La situation de Manuel Valls fait penser, de ce point de vue, à celle de Michel Rocard de 1988 à 1991 ainsi qu’à celle de ses successeurs, Edith Cresson et Pierre Bérégovoy. Ces derniers ne disposaient pas d’une majorité absolue à l'Assemblée. Pourtant, ils ont pu gouverner et faire passer leurs projets de loi. A cette fin, en fonction des textes ils construisaient une majorité en gagnant le soutien ou l’abstention d’une partie de la droite ou du centre ou des communistes. Si cela ne suffisait pas, ils recouraient à la procédure de l’article 49.3 de la Constitution, c’est-à-dire à l’engagement de responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi.

Manuel Valls, qui à l’époque conseillait Michel Rocard se souviendra de tout cela. Le vote sur la déclaration de politique générale du Gouvernement (en application de l'article 49, alinéa premier, de la Constitution) a mis en évidence la défection de onze députés socialistes qui se sont abstenus alors que l’essentiel des écologiques votaient pour. Le dernier vote sur la déclaration du Gouvernement relative au projet de programme de stabilité pour 2014-2017 (en application de l'article 50-1 de la Constitution) a mis en lumière la défection de quarante et un députés socialistes qui se sont abstenus et le vote contre de tous les écologistes. Fort heureusement, la plupart des centristes se sont eux aussi abstenus, de ce fait la majorité relative a été atteinte. Le chemin semble identique. Mais le Premier ministre ne pourra pas utiliser la procédure du 49.3 aussi facilement, puisque depuis la révision constitutionnelle de 2008, elle ne peut être mise en œuvre que sur des lois de finances ou de financement de la sécurité sociale et sur un seul autre texte par session. La simple perspective d’une dissolution en cas de blocage pourrait convaincre les plus récalcitrants. Mais cette éventualité semble illusoire. Raymond FERRETTI, 13 mai 2014

3  ANNEXES

JORF n°0077 du 1 avril 2014 page 6226
texte n° 1
DÉCRET
Décret du 31 mars 2014 relatif à la cessation des fonctions du Gouvernement 
NOR: HRUX1407797D

Le Président de la République,
Vu l'article 8 de la Constitution ;
Vu la lettre en date du 31 mars 2014 par laquelle le Premier ministre a présenté au Président de la République la démission du Gouvernement,
Décrète :

Article 1

Il est mis fin, sur la présentation de la démission du Gouvernement, aux fonctions de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, et des autres membres du Gouvernement.

Article 2

Le présent décret sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait le 31 mars 2014.

François Hollande 

JORF n°0077 du 1 avril 2014 page 6226
texte n° 2
DÉCRET
Décret du 31 mars 2014 portant nomination du Premier ministre
NOR: HRUX1407798D

Le Président de la République,
Vu l'article 8 de la Constitution,
Décrète :

Article 1

M. Manuel Valls est nommé Premier ministre.

Article 2

Le présent décret sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait le 31 mars 2014.

François Hollande 

JORF n°0079 du 3 avril 2014 page 6388
texte n° 1
DÉCRET
Décret du 2 avril 2014 relatif à la composition du Gouvernement
NOR: HRUX1407971D

Le Président de la République,
Vu l'article 8 de la Constitution ;
Vu le décret du 31 mars 2014 portant nomination du Premier ministre ;
Sur proposition du Premier ministre,
Décrète :

Article 1

Sont nommés ministres :
M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international ;
Mme Ségolène Royal, ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie ;
M. Benoît Hamon, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche ;
Mme Christiane Taubira, garde des sceaux, ministre de la justice ;
M. Michel Sapin, ministre des finances et des comptes publics ;
M. Arnaud Montebourg, ministre de l'économie, du redressement productif et du numérique ;
Mme Marisol Touraine, ministre des affaires sociales ;
M. François Rebsamen, ministre du travail, de l'emploi et du dialogue social ;
M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense ;
M. Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur ;
Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes, de la ville, de la jeunesse et des sports ;
Mme Marylise Lebranchu, ministre de la décentralisation, de la réforme de l'Etat et de la fonction publique ;
Mme Aurélie Filippetti, ministre de la culture et de la communication ;
M. Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du Gouvernement ;
Mme Sylvia Pinel, ministre du logement et de l'égalité des territoires ;
Mme George Pau-Langevin, ministre des outre-mer.

Article 2

Le présent décret sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait le 2 avril 2014.

François Hollande 

Par le Président de la République :

Le Premier ministre,

Manuel Valls

DÉCRET
Décret du 9 avril 2014 relatif à la composition du Gouvernement
NOR: HRUX1408466D

Le Président de la République,
Vu l'article 8 de la Constitution ;
Vu le décret du 31 mars 2014 portant nomination du Premier ministre ;
Vu le décret du 2 avril 2014 relatif à la composition du Gouvernement ;
Sur proposition du Premier ministre,
Décrète :

Article 1

Est nommé secrétaire d’État auprès du Premier ministre :
M. Jean-Marie Le Guen, chargé des relations avec le Parlement.

Article 2

Sont nommés secrétaires d’État et participent au conseil des ministres pour les affaires relevant de leurs attributions :
Auprès du ministre des affaires étrangères et du développement international :
Mme Fleur Pellerin, chargée du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l'étranger ;
M. Harlem Désir, chargé des affaires européennes ;
Mme Annick Girardin, chargée du développement et de la francophonie.
Auprès de la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie :
M. Frédéric Cuvillier, chargé des transports, de la mer et de la pêche.
Auprès du ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche :
Mme Geneviève Fioraso, chargée de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Auprès du ministre des finances et des comptes publics :
M. Christian Eckert, chargé du budget.
Auprès du ministre de l'économie, du redressement productif et du numérique :
Mme Valérie Fourneyron, chargée du commerce, de l'artisanat, de la consommation et de l'économie sociale et solidaire ;
Mme Axelle Lemaire, chargée du numérique.
Auprès du ministre de la défense :
M. Kader Arif, chargé des anciens combattants et de la mémoire.
Auprès de la ministre de la décentralisation, de la réforme de l'Etat et de la fonction publique :
M. André Vallini, chargé de la réforme territoriale.
Auprès de la ministre des affaires sociales et de la santé :
Mme Laurence Rossignol, chargée de la famille, des personnes âgées et de l'autonomie ;
Mme Ségolène Neuville, chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l'exclusion.
Auprès de la ministre des droits des femmes, de la ville, de la jeunesse et des sports :
M. Thierry Braillard, chargé des sports.

Article 3

Le présent décret sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait le 9 avril 2014.

François Hollande 

Par le Président de la République :

Le Premier ministre,

Manuel Valls

  1. ^  Jacques Chirac doit être compté deux fois puisqu’il est le seul Premier ministre à avoir conduit deux Gouvernements à des périodes séparés par de nombreuses années et sous deux Présidents de la République différents.
  2. ^  58 % de français sont très et plutôt satisfaits de Manuel Valls. (Baromètre JDD, 13 avril 2014).

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Créé le 23/05/2014