Par Marc Baudino et Stéphane Nicolle
Dernière mise à jour : avril 2019

Introduction

La sortie de l’enfance, du point de vue sociologique, se trouve au moment où le jeune commence à développer une certaine autonomie par rapport à ses parents lorsqu’il devient adolescent. La jeunesse, quant à elle, est une période de transition entre l’enfance et l’âge adulte au cours de laquelle l’individu se construit comme sujet autonome. Traditionnellement les sociologues considèrent que la décohabitation avec les parents, l’accès à l’emploi, la mise en couple stable marquent la sortie de la jeunesse.

Phase de transition ouvrant de nouvelles perspectives à l’existence, l’adolescence est une période de choix décisifs. La puberté, marquée par de profondes mutations du corps et dans les représentations psychiques, dessine l’avenir social et personnel de l’individu à travers l’indispensable processus de la conquête d’identité.

De plus, la « crise de l’adolescence » dans laquelle se trouve traditionnellement pris le jeune au cours de cette période s’est accentuée et diversifiée. Elle n’est plus seulement individuelle mais sociale. C’est peut être encore plus aujourd’hui une crise d’intégration sociale de la jeunesse. Les jeunes, présentent cette caractéristique nouvelle d’être nés avec la télévision, d’avoir vécu dans un monde caractérisé aussi bien par la profusion de marchandises que par une certaine précarité économique1.

Ils sont nombreux à être confrontés à une fragilisation des relations familiales ; ce qui implique que près du tiers d’entre eux connaissent une « séquence monoparentale »2. À tout cela, il faut aussi ajouter que pour certains d’entre eux, l’horizon social semble bouché.

L’adolescent connaît donc plusieurs transformations parallèles : intellectuelle, relationnelle, physique, sexuelle.

Dans un contexte en mutation, le développement de l’action publique en faveur des jeunes passe par la concertation, l’articulation et la structuration des projets et des moyens institutionnels. Les actions doivent favoriser un accompagnement, un soutien dans leur apprentissage de l’autonomie et la prise de responsabilité.

De nombreuses collectivités sont en mesure de réfléchir à leur politique jeunesse avec une vision d’actions globale visant à fidéliser les jeunes et en les impliquant dans la vie de leur commune. Ainsi, le découpage des tranches d’âges, les modes d’accueil et les réponses aux demandes et/ou besoins doivent s’inscrire dans une logique de continuité.

De fait la passation entre le secteur de la petite enfance (0-3 ans) et celui de l’enfance (3-12 ans) se fait naturellement. En effet, de la crèche à l’Accueil de Loisirs Sans Hébergement (A.L.S.H) péri et extrascolaire (maternel et primaire) ce lien est celui de l’entrée à l’école et le besoin en mode de gardes des familles.

Cependant, l’entrée au collège marque souvent la rupture de cette continuité entre le jeune et sa commune. Si cette dernière ne dispose pas d’un collège ou d’un lycée sur son territoire ; elle doit trouver d’autres attaches pertinentes pour les amener et les accompagner dans leurs insertions socioprofessionnelles.

Il n’existe pas de dispositifs établis mais une multitude d’actions et de partenaires qui peuvent aider une commune à répondre à cet objectif. Une collectivité territoriale identifie les besoins et attentes des adolescents de son territoire et essaie d’y répondre en proposant des actions complémentaires à celles proposées par les familles, collèges, lycées etc.

La clause générale de compétence3 indique qu’il est accordé aux collectivités une capacité d’intervention générale, sans qu’il soit nécessaire de procéder à une énumération de leurs attributions. Elle repose sur les « affaires de la collectivité » ou l’intérêt public local.

Elle découle de la loi municipale de 1884 et a été étendue en 1982 aux autres collectivités territoriales. Cette clause générale de compétence a une double vocation : elle distingue les compétences de l’organe délibérant de celles de l’organe exécutif, en donnant au premier une compétence de principe et elle protège la collectivité concernée contre les empiétements de l’État et des autres collectivités.

La compétence générale nécessite de définir ce qui caractérise la compétence propre de chaque collectivité territoriale, c’est-à-dire l’intérêt public local. De ce fait, pour la jeunesse et les loisirs, il y a plusieurs niveaux d’intervention partant d’une gestion de proximité à une gestion plus globale des dispositifs complémentaires sur un territoire donné (Département et Région). L’Etat quant à lui pilote les dispositifs nationaux et fait appliquer la législation.

On peut dissocier la tranche d’âge des 12/17 ans (législation des Accueils Collectifs de Mineurs (A.C.M4) avec leurs problématiques adolescentes et celles liées à l’entrée dans la vie active ou à la vie étudiante pour les 16/25 ans (âge minimum par rapport à l’école obligatoire). Ainsi, une commune peut mettre en place des outils cohérents correspondant aux besoins de ces tranches d’âges, concevoir puis organiser des activités de loisirs pour la première et développer des dispositifs de soutien à la vie d’adulte pour la seconde.

1 L’adolescent et les loisirs : les publics de 12 à 17 ans

Partant du constat que la prise en charge des jeunes de 3 à 11 ans est le plus souvent bien structurée sur les territoires, que les politiques publiques mises en œuvre correspondent aux besoins des familles et des jeunes, les collectivités territoriales recherchent et proposent de nouvelles formes d’intervention en faveur des jeunes de 12 à 17 ans, prenant à la fois en compte leurs besoins et ceux de leurs familles. Cette période de la préadolescence et de l’adolescence marque une volonté d’acquisition de l’autonomie, d’implication et de reconnaissance.

Dans cette phase de construction de la personnalité, les structures dites « classiques » d’accompagnement ne peuvent plus répondre aux différentes demandes. La prise de distance de cette catégorie d’âge envers les lieux d’accompagnement qu’ils ont fréquentés dans la période antérieure, s’inscrit dans une forme logique de quête de liberté.

1.1 Dispositifs existants pour les 12-17 ans

Les A.C.M peuvent accueillir des jeunes jusqu’à 17 ans, la Caisse d’Allocations Familiale (C.A.F) a intégré cette tranche d’âge dans ses contrats. L’Union Européenne l’a elle aussi intégré dans certaines actions jeunesse.

Les collectivités territoriales s’orientent de plus en plus vers un mode de gestion de ces jeunes par des structures municipales de proximité. Le Ministère des sports, de la Jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative a même créé un A.C.M spécifique à cela :

« L’Accueil de Jeunes5 » qui permet une souplesse adaptée à la tranche d’âge.

La mise en place d’espaces d’échanges ouverts, plus ou moins formels, permettent un accompagnement. Les jeunes s’y retrouvent, parlent de leurs préoccupations, leurs expériences, leurs échecs et leurs réussites afin de construire une relation de confiance favorable à l’acquisition d’autonomie et de responsabilité. Cela permet également de les impliquer dans des projets partagés.

Les adolescents ont besoin de se retrouver entre copains, de façon spontanée, informelle. Le fonctionnement de la structure d'accueil doit donc être relativement souple afin qu’ils puissent la fréquenter, aussi bien pour pratiquer des activités structurées, que pour simplement s’y rendre et discuter entre eux ou avec l'animateur. Cet accueil doit également tenir compte du contexte scolaire des adolescents sur le territoire (présence ou non du collège ou du lycée à proximité, horaires des transports etc.).

Il y a aussi nécessité qu’ils s'approprient cet espace, qu’ils s'y sentent chez eux. De ce fait, le lieu d'accueil doit être un local spécifique qui se démarque des autres tranches d'âge. Si l'adolescent a besoin d'être reconnu au sein du groupe de copains il a aussi besoin de se référer à des adultes autres que ses parents. L'animateur en charge de l'accueil doit pouvoir jouer ce rôle. Les jeunes chercheront vis-à-vis de lui une autorité mais aussi une reconnaissance, une attention, une écoute. Ceci passe, au préalable, par l'établissement d'une relation de confiance mutuelle.

Le fonctionnement de cet accueil doit permettre l'alternance de temps structurés et de temps plus libres en fonction des besoins différenciés selon les âges. Les horaires, notamment l'heure de fermeture des accueils en soirée, relativement atypiques, doivent être adaptés au contexte propre à chaque territoire. Ils doivent donc être réfléchis avec l'ensemble des acteurs locaux (notamment les parents). Le bon fonctionnement des accueils de loisirs, visant un public adolescent, passe par la prise en compte de quelques besoins qui s'expriment de façon spécifique à cette tranche d'âge.

Ils ont une nécessité d'indépendance mais en même temps ils doivent se confronter à un cadre, à des règles. Les règles, notamment celles du règlement intérieur, seront construites par et avec eux, et certaines, liées au respect de la loi, ne feront pas l'objet de négociation (tabac, alcool, non discrimination, égalité H/F etc.) et s'imposeront.

En termes d'activités, l'épanouissement de l'adolescent passe par de nombreux changements de disciplines, de pratiques de loisirs, d'où un côté « touche-à-tout » qui peut déconcerter les adultes. Ces changements permettent la découverte de toutes leurs aptitudes. L'animateur doit accompagner cette découverte en présentant parfois des activités mais en veillant à ce que les jeunes puissent les proposer, les choisir et contribuer à leur organisation et mise en œuvre.

1.2 Exemple de projet : Focus sur le dispositif d’un Centre de Loisirs Associé au Collège (C.L.A.C6)

Un C.L.A.C propose un projet partenarial afin qu’il devienne un pilier éducatif et pédagogique inhérent au projet d’établissement. Il peut prendre l’allure d’ateliers ou d’aide à la réalisation de projets pendant la pause méridienne et d’aide aux devoirs le soir. Un C.L.A.C ne peut fonctionner que s’il y a une volonté municipale en appui.

Le C.L.A.C fonctionne sur les temps périscolaires du collège associé les lundis, mardis, jeudis et vendredis. Il favorise, chez le jeune de 11 à 16 ans, l’acquisition de savoirs et de savoir-faire en complément des apprentissages scolaires. A partir d’une pédagogie basée sur l’apprentissage du « mieux vivre ensemble7 », les animateurs, encadrés par un directeur, proposent aux jeunes de participer à des activités qui contribueront à leurs développements sociaux, psychologiques et physiques.

Ainsi, un CLAC doit :

  • assurer l'égal accès de tous les jeunes à un espace éducatif et de loisirs qui leur offre des perspectives supplémentaires de réussite sociale et scolaire, les accompagne dans leur développement et leur épanouissement personnel ;
  • permettre le développement de rapports entre les individus basés sur la compréhension, le respect et la solidarité ;
  • inciter à la promotion des pratiques et des initiatives qui permettent la mise en œuvre d'une citoyenneté active ;
  • favoriser l'esprit d'ouverture et la compréhension par des composantes sociales, culturelles, économiques de l’environnement proche (quartier, ville...) et plus lointain (région, pays) des jeunes.

Ainsi cela doit permettre au collégien de gérer sa pause méridienne et aux animateurs de connaître l’ensemble des collégiens. Ainsi ils pourront faire le lien entre les éléments extérieurs à l’établissement (structures jeunesses, familles…) et le comportement de l’élève dans sa classe (professeur, principal, conseiller d’orientation, etc.).

1.3 Quelques projets sur l’Hexagone8

  • Afin de favoriser l’accès à l’autonomie, la Mutualité Sociale Agricole (M.S.A) organise chaque année un appel à projet « mieux vivre en milieu rural9 » pour des jeunes concernés par ce mode de vie. Les candidats sélectionnés bénéficient d’un appui dans la mise en place de leur projet et d’une bourse. Les critères requis pour se présenter sont les suivants : avoir entre 13 et 22 ans, disposer d’un projet collectif à caractère associatif et vivre en milieu rural.

Les domaines d’actions peuvent être la culture et les arts, la solidarité et la citoyenneté, la santé et les activités physiques ou sportives, les démarches innovantes et des thématiques inexplorées. La demande se fait au niveau départemental ; si le projet est retenu et qu’il a particulièrement été apprécié par le Jury, le candidat peut également être sélectionné pour participer au concours national.

  • Le projet « Loisirs des Jeunes dans le Nord (L.J.N)10» est lié aux loisirs et à l’insertion sociale des jeunes en difficulté, initiative qui peut recevoir un financement du département. Ce dernier a mis en place un dispositif de soutien aux actions citoyennes qui s'adressent aux 11-18 ans (voire aux 8-11 ans) en difficulté. Les aides sont accordées aux actions de loisirs (sport, culture, environnement, séjour, etc.) ou éducatives (environnement, lutte contre l'illettrisme, sécurité routière etc.). Ces projets doivent être menés en coopération avec une association, un centre social ou une collectivité.
  • En réponse à la forte mobilisation des jeunes toulonnais autour des "Rencontres de la Jeunesse", initiées par la municipalité et la communauté d’agglomération Toulon Provence Méditerranée (TPM) depuis 2009, la Ville de Toulon a lancé la « Carte Jeune » en octobre 2011. Celle-ci est gratuite et s'adresse aux 11 à 25 ans scolarisés, inscrits dans un club sportif toulonnais ou résidant à Toulon.

Les détenteurs de cette carte bénéficient de certains avantages, comme par exemple la participation à des cycles de 3 à 4 séances de découverte d'activités sportives et culturelles en lien avec des associations. Des accès privilégiés aux activités proposées par les institutions (Ville de Toulon, T.P.M, Conseil général, Région, Etat), dans les équipements culturels, sportifs ou de loisirs. Des places à prix réduits pour les concerts, les spectacles culturels, les manifestations sportives, ou des dispositifs réservés aux jeunes, à l'image de « Toulon Destination Ados ». Les détenteurs de la « Carte Jeune » accèdent à un espace performant pour leurs recherches d'informations pratiques (études, formations, stages, transports, voyages). Autres projets à consulter...11

2 De l’adolescence à la vie d’adulte : les publics de 16 à 25 ans

Les besoins de ces publics et les préoccupations des collectivités territoriales pour ces tranches d’âges ne sont pas systématiquement tournés vers les loisirs. Ces publics nécessitent une vision globale qui doit prendre en compte l’insertion sociale et professionnelle, l’orientation, l’accès au logement, la mobilité (déplacements, conditions etc.), la prévention, la santé et l’accès à l’information…

Ces thématiques ne peuvent pas être les seules préoccupations d’une collectivité. Aussi, trois composantes sont indissociables d’une dynamique globale en direction des jeunes : « territoire - acteurs - projet ». Le territoire n’est pas qu’un découpage institutionnel, il est avant tout « un espace délimité et approprié par un groupe humain ». Il accueille des populations avec qui il partage des projets.

Le territoire est donc l’expression de la vie sociale et intègre d’autres dimensions qu’elles soient sociologiques, économiques, physiques ou démographiques. C’est par rapport aux territoires de vie des jeunes qu’une politique jeunesse en direction des 16-25 ans se réfléchit. Les pratiques des jeunes, s’étendant sur un large périmètre autour de leur habitation, tendent ainsi à placer les intercommunalités comme des acteurs incontournables en matière de réflexion, de coordination des actions et de mutualisation des ressources et des moyens.

Cependant, l’échelle communale, celle de la proximité, reste indispensable dans la mise en œuvre de ces politiques. Une des conditions de réussite réside donc dans la bonne articulation de l’échelle locale « commune/intercommunalité ». Outre les actions menées par l’intermédiaire des leviers « classiques » de l’action municipale en la matière (centres sociaux, réseaux d’information jeunesse, missions locales, associations d’insertion…), il semble utile d’intégrer la dimension européenne.

Il est important d’évaluer les attentes des jeunes et de les traduire auprès des élus locaux afin de mettre en place les outils qui leur permettront d’accéder à une formation, un emploi, un logement, une distraction, un accès aux soins… Leurs aspirations concernant les politiques publiques vont au-delà d’une politique de guichet, d’une aide aux loisirs ou de services rendus par un service municipal de la jeunesse.

Conduire des politiques publiques en direction des jeunes ne se limitant pas à la mise en œuvre d’activités de loisirs, de séjours ou d’aides aux devoirs. Il semble nécessaire d’intervenir sur plusieurs domaines de compétences. Ainsi chaque collectivité concernée pourra répondre au mieux à ces attentes.

2.1 Dispositifs existants

Un élément incontournable d’information pour les jeunes est l’Union Nationale de l'Information Jeunesse (UNIJ12). Ce réseau est coordonné sur le plan national par le Centre d’Information et de Documentation Jeunesse (C.I.D.J13), en régions et en outre-mer par les Centres Régionaux Information Jeunesse (C.R.I.J14), en Ile-de-France par les Centres d'Information Jeunesse (C.I.J15) et au niveau local par plus de 1500 structures de proximité telles que des Bureaux Information Jeunesse (B.I.J) et des Points Information Jeunesse (P.I.J).

Véritable observatoire de leur demande, le réseau d’information jeunesse accueille tous les jeunes pour les informer et leur offrir des services pratiques et adaptés à leurs besoins en constante évolution : sur les études, l'orientation, la formation, l'emploi, l'insertion, les aides aux projets, la prévention, l'engagement, le logement, la santé, la mobilité, les loisirs, le sport etc. Il contribue ainsi à l'autonomie et à la citoyenneté des jeunes. Soutenu par l'Union Européenne, l'Etat et les collectivités territoriales, ce réseau de 2 500 professionnels est le levier des politiques sociales et éducatives, qu'elles soient locales, nationales ou européennes.

Au niveau de la santé, il existe les « Espaces Santé Jeunes (ESJ16)». Partant des besoins identifiés par des professionnels, des élus et/ou des habitants, les ESJ sont des structures pluridisciplinaires et multi partenariales, basées sur les principes de promotion de la santé et dont l’objectif commun est l’amélioration de la santé des jeunes. Dans le respect des spécificités de chaque espace, des valeurs et des missions communes ont été développées.

Les ESJ sont positionnés dans le champ de la prévention santé et accueillent les adolescents de 11 à 25 ans, les parents et les professionnels. Lieux d’accueil, d’écoute, de prévention et d’orientation, ils s’efforcent de favoriser l’éducation à la santé par des actions collectives et individuelles, le bien être des adolescents et des jeunes adultes et la prévention des troubles psychiques. Ces structures s’engagent à proposer un accueil gratuit, avec ou sans rendez-vous et à respecter l’anonymat et la confidentialité.

Créée en 1955, l’Union Nationale pour l’Habitat des Jeunes (U.N.H.A.J17) accompagne les jeunes dans leur processus de socialisation, leur insertion consciente et critique dans la société. L’U.N.H.A.J, mouvement national d’éducation populaire, accueille, informe et oriente les jeunes dans l’accès au logement autonome avec les services habitat pour les jeunes.

Au niveau de l’emploi, les 450 missions locales18 exercent une mission de service public de proximité avec un objectif essentiel : accompagner les jeunes de 16 à 25 ans. Elles ont un statut associatif, elles fédèrent au sein de leurs instances associatives les élus des collectivités territoriales, les services de l’État, le pôle emploi19, les partenaires économiques et sociaux et le monde associatif.

Les missions locales sont une forme de mise en commun de moyens entre l’État et les collectivités locales, qui se répartissent leurs financements. Elles ont un rôle central pour l’élaboration et le pilotage des projets territoriaux d’insertion des jeunes, en partenariat avec l’ensemble des acteurs économiques, politiques, publics et associatifs de leurs territoires. Elles permettent l’adaptation territoriale et décentralisée des politiques et des dispositifs d’insertion en faveur des jeunes.

Au niveau de l’Etat, il existe plusieurs dispositifs d’aides à l’emploi et/ou à l’insertion, en voici quelques-uns :

  • Les emplois d’avenir (EA20) constituent une première expérience professionnelle et une possibilité d’acquérir une qualification pour les jeunes peu ou pas qualifiés. Ce dispositif s’insère dans un engagement plus global du gouvernement en faveur de l’emploi. Les EA tentent de répondre à l’urgence de la situation des jeunes sans emploi et sans qualifications. Ils constituent le premier volet de cette politique, ils sont notamment suivis par les contrats de génération en 2013. Les emplois d’avenir sont des contrats à durée indéterminée ou à durée déterminée (de 1 à 3 ans) avec une formation professionnelle obligatoire qui implique un suivi bien précis. Ce dispositif concerne les 16/25 ans peu ou pas diplômés selon le lieu d’habitation.
  • Le Contrat d'Insertion dans la Vie Sociale (CIVIS21) a pour objectif d'accompagner les jeunes en grande difficulté vers un emploi durable ou dans un projet de création ou de reprise d'une activité non salariée. Les mesures prises par ce dispositif visent l'orientation, la qualification ou l'acquisition d'une expérience professionnelle. Elles tiennent compte des difficultés rencontrées par le bénéficiaire et de son projet professionnel d'insertion dans un emploi durable. Peut bénéficier d'un CIVIS tout jeune qui remplit les conditions cumulatives suivantes : être âgé de 16 à 25 ans révolus, rencontrer des difficultés particulières d'insertion sociale et professionnelle, avoir abandonné ses études avant l'obtention de la licence (ou d'un diplôme de niveau équivalent).
  • Le Service Civique22 s’adresse aux jeunes de 16 à 25 ans ; il s’agit d’un engagement volontaire d’une durée de 6 à 12 mois pour l’accomplissement d’une mission d’intérêt général dans un des neuf domaines d’interventions reconnus prioritaires pour la Nation : solidarité, santé, éducation pour tous, culture et loisirs, sport, environnement, mémoire et citoyenneté, développement international et action humanitaire.

Cette intervention donne lieu au versement d’une indemnité prise en charge par l’État et d’un soutien complémentaire, en nature ou argent, pris en charge par l’organisme d’accueil. L‘objectif du Service Civique est de proposer à tous les jeunes de 16 à 25 ans sans condition de diplôme, un cadre d’engagement, dans lequel ils pourront mûrir, gagner en confiance, en compétences et prendre le temps de réfléchir à leur propre avenir, tant citoyen que professionnel. Pour la plupart des missions, seuls comptent les savoir-être et la motivation. Il a également pour objectif d’être une étape de vie au cours de laquelle des jeunes de toutes origines sociales et culturelles pourront se côtoyer et prendre conscience de la diversité de notre société.

2.2 Les jeunes et l’Europe

Le 27 novembre 2009, les ministres en charge de la jeunesse de l’Union Européenne (UE), réunis à Bruxelles, ont adopté un nouveau cadre de coopération européenne dans le domaine de la jeunesse pour la période 2010-201823. Il définit, pour la décennie à venir, les grandes orientations de la coopération politique dans les domaines qui concernent le plus les jeunes : l’éducation, l’emploi, la créativité et l’entrepreneuriat, l’inclusion sociale, la santé, le sport, la participation à la société civile et le bénévolat.

Cette résolution, ainsi que l'initiative « la jeunesse en mouvement24 » lancée le 15 septembre 2010 par la commission européenne dans le cadre de la stratégie « Europe 2020 », démontrent la prise en considération importante des questions de jeunesse (éducation, formation, mobilité, employabilité...) dans l’agenda européen.

L’Agence française (INJEP25) est chargée, au nom de la Commission Européenne, de la mise en œuvre en France du Programme Européen Jeunesse en Action (P.E.J.A26). Ce programme s’adresse à tous les jeunes et adultes de 13 à 30 ans. Aucune condition de formation ou de qualification n’est requise. Le P.E.J.A concerne 31 pays européens (pays « programme ») et plus de 20 pays « partenaires voisins » ainsi que les « autres pays partenaires dans le reste du monde ».

Riche en possibilités (5 grandes actions), il favorise les rencontres de groupes, l’envoi et l’accueil de jeunes volontaires dans différents pays et aide à la réalisation de leurs projets collectifs. Il apporte également un soutien aux projets favorisant la participation active des jeunes à la vie de leur communauté et le dialogue avec les décideurs et les organisations de jeunesse. Le PEJA prévoit également des actions de formation et de soutien à l’attention des animateurs et structures de jeunesse pour permettre la faisabilité et développer la qualité des projets.

Ce programme européen est un outil au service des différentes politiques en faveur des jeunes, tant au niveau national qu'européen. C’est un instrument important de soutien à la stratégie européenne d’investissement en faveur de la jeunesse.

Avec un budget de plus de 14 milliards d'euros pour les sept années à venir (2014-2020), le programme d'éducation Erasmus +27 permettra à plus de 5 millions de jeunes d'étudier, de se former et de participer à des activités de volontariat y compris dans le sport, à l'étranger. Erasmus + propose une approche intégrée et simplifiée des 7 programmes existants des secteurs éducation, formation et jeunesse, à travers trois actions clés : la mobilité, la coopération et la réforme des politiques de jeunesse.

Doté d’un chapitre budgétaire distinct, le volet jeunesse du programme Erasmus+ sera dédié au seul développement des activités d’éducation non formelle, reprenant les principaux volets de « Jeunesse en Action » et introduisant de nouvelles opportunités de partenariats.

Ce programme offre l’opportunité à l’Agence française chargée de gérer le volet jeunesse sur le territoire, de soutenir et de réaffirmer le rôle clé de la mobilité et de l'éducation non formelle dans le parcours d’insertion socioprofessionnelle des jeunes. Désormais l'Agence s'appelle Erasmus+ Jeunesse & Sport.

2.3 Réflexion autour d’un projet global en guise de perspectives

Il existe des pratiques qui ont fait leur preuve : assises de la jeunesse, concertations pour débattre de propositions, prise en charge des jeunes dans l’ensemble des projets communaux, contrat de réussite scolaire, tarifs préférentiels…

Cependant, il est primordial d’impliquer les jeunes afin qu’ils deviennent acteurs de leur vie et de leurs intérêts. Cet objectif d’autonomie, qui se réalise le plus souvent en œuvrant de manière transversale avec l’ensemble des acteurs jeunesse concernés, doit être central dans la constitution d’un projet global. Il est pertinent pour cela de travailler aussi en partenariat avec les institutions présentes sur le territoire (Intercommunalité, Département, Région, Etat) et le milieu associatif local.

Ainsi une collectivité locale, interlocutrice directe de ces tranches d’âges, essaiera de proposer des réponses aux besoins des jeunes et attentes de leur famille ; de la préadolescence ou de la sortie d’une structure de loisirs extrascolaire classique à l’entrée dans la vie active, il est important qu’elle prenne en compte les problématiques de chaque jeune. Offrir des activités de loisirs éducatives, sportives adaptées et des structures de proximité ou des dispositifs tels que les passeports loisirs par exemple (actions citoyennes, chantiers de jeunes etc.).

Informer, orienter, être à l’écoute des jeunes en créant des lieux adaptés et bien identifiés (ex : BIJ ou PIJ…). Ces lieux doivent pouvoir être des espaces conseils dans les domaines de l’emploi, des projets européens, de la santé, de la culture, des projets autonomes, de l’habitat etc. Elle peut également aider les jeunes aux travers de bourses ou d’appel à projets avec en contrepartie d’une implication dans la vie de la cité, des aides au permis de conduire par exemple.

Au-delà des dispositifs et actions qu’une commune gère dans le cadre de ses compétences obligatoires, il semble pertinent qu’elle se dote d’équipement en direction d’activités dédiées aux jeunes tels que des équipements sportifs spécifiques ou culturels (concerts, répétitions…), tout en prenant en compte leurs problèmes de mobilité (tarifs adaptés, transports etc.).

Il existe aujourd’hui une multitude de dispositifs, de financements. Il n’y a pas de règles particulières de fonctionnement mais afin de répondre aux mieux aux besoins des plus jeunes, une commune construira, dans la mesure du possible, une politique jeunesse pertinente autour d’un projet global qui saura prendre en considération les différentes étapes nécessaires à la construction d’un individu, de la petite enfance à l’adolescence jusqu’à la première étape de l’âge adulte.

Voir aussi Fiche : Enjeux des politiques territoriales « petites enfance, enfance et jeunesse ».

2.4 Quelques pistes de financements de projets

Au niveau des financements, en dehors des aides possibles de l’Etat, des collectivités territoriales (communes, départements et Régions) et Européennes, certaines fondations ou groupements ont mis en place des dispositifs de soutiens complémentaires, en voici quelques-uns pour exemple :

  • La Fondation de France28 favorise les initiatives des jeunes et les aide à réaliser leurs projets, cette Fondation et de nombreuses autres sous égide proposent des bourses et des prix.
  • Les bourses Zellidja29 sont des bourses de voyage destinées à des jeunes de 16 à 20 ans, partant seuls pour un mois minimum, ayant un sujet d'étude précis portant sur un thème ou un pays de son choix.
  • Le prix de la solidarité étudiante, de la Fondation Veolia environnement30, vise à encourager la prise d'initiative et l'implication des étudiants de l'enseignement supérieur au service de projets d'intérêt général. Il récompense les démarches innovantes, l'approche interdisciplinaire des enjeux du développement et de la protection de l'environnement, ainsi que la mobilisation de synergies entre acteurs. Le prix de la solidarité étudiante s'adresse aux associations constituées par des étudiants poursuivant actuellement leurs études dans l'enseignement supérieur (Niveau Master) en Europe.
  • Le concours « les jeunes qui osent31 » du Crédit Mutuel est ouvert à tous les jeunes de 16 à 25 ans, (clients ou non du Crédit Mutuel). Le projet peut être : humanitaire, culturel, musical, multimédia, sportif, écologique... L’obtention d’une aide financière, au niveau régional peut être de 1 000 € pour le premier prix, 700 € pour le 2nd et 500 € pour le troisième. Au niveau national, ils peuvent gagner jusqu'à 3000 € complémentaires.

Bibliographie - sitothèque

Proposition d’ouvrages à consulter

  • Le Destin des générations : Structure sociale et cohortes en France au XXe siècle -Louis Chauvel Presses Universitaires de France - PUF; Édition : 2e éd. Le lien social
  • Ce que nous savons des jeunes - Catherine Pugeault-Cicchelli, Vincenzo Cicchelli, Tarig Ragi - Edition Presses Universitaires de France – Collection : Sciences sociales et société
  • Emmanuel Heyraud, La politique de la ville - Maîtriser les dispositifs et les enjeux, Berger-Levrault, Collection Pratiques locales, Paris, 2010, 450 pages
  • Les associations, « complément d’objet direct de l’école » dossier Animation et Éducation revue de l’OCCE n°183 octobre 2004
  • Les CLAE-CLAC en Haute-Garonne Bulletin de l’Inspection Académique 31 n° 79 septembre 2005

Rapports, décrets utiles

  • LA MOBILITÉ DES JEUNES - Avis du Conseil économique, social et environnemental présenté par M. Jean-François Bernardin, rapporteur au nom de la section de l'éducation, de la culture et de la communication
  • Par la décision N° 1719/2006/EC du 15 Novembre 2006, le Parlement et le Conseil européens ont adopté le programme européen "Jeunesse en action" couvrant la période de 2007 à 2013.

Sites à consulter

  • http://ses.ens-lyon.fr/enfance-culture-et-socialisation-116089.kjsp
  • http://www.culture.gouv.fr/deps
  • http:/www.unhaj.org/
  • http://www.unml.info/accueil.html
  • http://www.injep.fr/
  • http://www.jeunes.gouv.fr/
  • http://www.emploi.gouv.fr/
  • http://ec.europa.eu/youth/index_fr.htm
  • http://www.ville.gouv.fr/
  • http://www.territoires.gouv.fr/
  • http://www.resacoop.org/espace-jeunes/etapes-projet/etape3.asp
  • https://jeunesennord.lenord.fr/projets.php?id=125
  • http://www.mlpe.eu/ML_30_ans_missions-locales.pdf
  • http://www.labriedesmoulins.fr/index.php?page=16-25
  • http://www.bretagne.fr/internet/jcms/prod_159800/trente-projets-culturels-portes-par-les- jeunes-bretons
  • http://www.grenoble.fr/49-jeune.htm
  1. ^ Gérard NEYRAND (Psychosociologue au CIMERSS) Quelle politique éducative pour les 11 – 16 ans ? – Conférence du 19/10/04 à Aubagne FRANCAS
  2. ^ Nadine LEFAUCHEUR, les familles monoparentales, n°134 janvier 93
  3. ^ La  clause  générale  de  compétence  ne concerne plus que la commune depuis la loi NOTRe du 7 août 2015
  4. ^ Accueil Collectif de Mineurs : anciennement CVL (Centres de Vacances et de Loisirs), c’est un terme qui regroupe en France les colonies de vacances, centres aérés et séjours de vacances péri et extrascolaire pour les mineurs de – de 18 ans.
  5. ^ http://animpro.over-blog.com/article-ouvrir-un-accueil-de-jeunes-104929496.html
  6. ^ http://sivu-enfance-jeunesse.wifeo.com/clac-.php
  7. ^ http://eduscol.education.fr/cid47749/apprendre-vivre-ensemble.html
  8. ^ Liste de projets (non exhaustive) référencée à titre d’exemples.
  9. ^ http://www.codes11.com/article-msa-appel-a-projets-jeunes-mieux-vivre-en-milieu-rural-80178085.html
  10. ^ https://jeunesennord.lenord.fr/projets.php?id=125
  11. ^ http://www.labriedesmoulins.fr/index.php?page=16-25
  12. ^ http://www.ressourcesjeunesse.fr/+Constitution-d-une-Union-nationale+.html
  13. ^ http://www.cidj.com/reseau-ij/le-reseau-information-jeunesse-national/le-reseau-information-jeunesse
  14. ^ http://www.bienpublic.com/grand-dijon/2012/02/20/le-crij-a-quoi-ca-sert
  15. ^ http://www.ile-de-france.drjscs.gouv.fr/Les-points-informations-jeunesse.html
  16. ^ http://www.fesj.org/Les-Espaces-Sante-Jeunes
  17. ^ http://www.unhaj.org/
  18. ^ http://www.mission-locale.fr/
    http://www.emploi.gouv.fr/acteurs/missions-locales
  19. ^ http://www.pole-emploi.fr/accueil/
  20. ^ https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F12289
  21. ^ http://www.emploi.gouv.fr/dispositif/contrat-dinsertion-dans-vie-sociale-civis
  22. ^ http://www.service-civique.gouv.fr/
  23. ^ http://europa.eu/legislation_summaries/education_training_youth/youth/ef0022_fr.htm
  24. ^ http://ec.europa.eu/commission_2010-2014/vassiliou/events/debate_fr.htm
  25. ^ L’INJEP est l’Institut National de la Jeunesse et de l’Education Populaire. C’est un établissement public à caractère administratif fondé en 1953 et placé sous la tutelle du ministère de la jeunesse http://www.injep.fr/
  26. ^ http://www.erasmusplus-jeunesse.fr/ancien-site/index.php?page=alias-15
  27. ^ http://www.jeunesseenaction.fr/ancien-site/index.php/news/549/148/Futur-programme-Erasmus-2014-2020-les- 3-actions-cles-du-volet-Jeunesse
  28. ^ http://www.fondationdefrance.org/Nos-Actions/Bourses-et-Prix/Les-bourses-Declics-jeunes-de-la-Fondation-de- France/Promotion-2013
  29. ^ http://www.zellidja.com/content/les-bourses-zellidja
  30. ^ http://fondation.veolia.com/fr/fondation/prix-solidarite-etudiante/
  31. ^ https://www.creditmutuel.fr/cmcee/fr/banques/jeunes/etudiants/je-booste-mes-projets/jeunes-qui-osent/avantages.html 
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Créé par Julien Lenoir le 13 janvier 2016
    
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