Par Maryse Carrez

Directrice des relations sociales et du travail à la ville de Lille

mcarrez@mairie-lille.fr

 

La ville de Lille, forte de ses presque 5000 agents s’est dotée d’une direction des relations sociales, au sein du Pôle Ressources Humaines. Il lui revient de mener le dialogue social qu’elle qualifie de « rythmé ».

Celui-ci repose bien entendu sur la réunion statutaire des instances paritaires,

Celles de la ville et de ses communes associées,

Celles du  CCAS, et de la caisse des écoles.

Des principes de travail adoptés par tous impliquent la préparation des réunions officielles en amont, et l’obligation de n’inscrire à l’ordre du jour que les points  arrivés à maturité.

La vie syndicale est une tradition ancienne, et d’importants moyens sont mis à sa disposition. Si la tentative de négociation d’une « charte du dialogue social » n’a pu aboutir, un règlement intérieur officialise moyens et modalités des relations sociales.

Au delà des instances (CAP, CTP, CHS) et de leur importante préparation en commun, la ville de Lille a institutionnalisé des rencontres supplémentaires :

  • une rencontre bilatérale mensuelle avec chacun des 4 syndicats dont l’ordre du jour est établi par chaque organisation syndicale ;
  • des réunions bilatérales ponctuelles permettant le suivi des situations sensibles et la réponse aux préavis de grève ;
  • des réunions plénières ponctuelles souvent à l’initiative de l’administration et présentant les projets de celle-ci avant leur cheminement réglementaire.

L’ensemble de ce dialogue social, dont on peut dire qu’il est permanent, est centralisé au pôle RH.

Il repose sur la disponibilité, l’engagement et le métier de l’élu aux ressources humaines dont l’ancienneté dans la tâche et le professionnalisme sont garants de l’absence de faiblesse et de naïveté dans la négociation.

Une démarche de « protocole d’accord » a été mise en place. D’abord pour répondre à une crise provoquée par un « front syndical »,  puis pour donner une feuille de route et nourrir le dialogue social.

4 « protocoles d‘accord » en sont issus,

  • agents en insertion et régime indemnitaire (2003)
  • régime indemnitaire (2004),
  • développement professionnel, aménagement du temps de travail, régime indemnitaire et plan de déplacement (2006/2008)
  • développement professionnel, politique salariale, solidarité, développement durable, conditions de travail, règlement intérieur, soutien à l’encadrement (2009-2011)

Un nouveau protocole d’accord est en phase de construction, intégrant les modalités de  participation aux frais de mutuelle.

 

Cette démarche lourde exige une grande rigueur dans l’organisation, dans la fixation du calendrier, la préparation des documents, et la nécessité d’en établir un bilan semestriel, Elle nécessite de donner aux syndicats les moyens de participer pleinement a la démarche.

Elle nécessite de prendre en compte le temps politique, de prendre conscience des temps propices à la surenchère, de rappeler sans cesse les contraintes budgétaires.

Elle se heurte à l’inégale représentativité des organisations syndicales, qui sur-valorise les agents de catégorie C, au détriment des agents de catégories B et A.

Elle peut parfois entraîner un certain épuisement des interlocuteurs devant le rythme de travail.

Tags:
Créé par JeanMichelCarsuzaa le 13 septembre 2012
    
© 2017 CNFPT