La biodiversité comme moteur de l’attractivité des territoires

Modifié le 09 janvier 2019

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Article réalisé dans le cadre des 6ièmes Rencontres territoriales Antilles-Guyane des 6 et 7 novembre 2018 à Cayenne sur le thème « Contrat social et transitions des politiques territoriales ». Ces rencontres organisées par le Centre National de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT) offrent un espace d’échanges d’expériences et de réflexions entre les agents et les élus des collectivités territoriales des Antilles et de la Guyane.

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Fleur d’Adansonia digitata (baobab) visitée  par Apis mellifera (abeille)

Introduction

La Biodiversité est un sujet de société très contemporain, qui prend sa source dans le désir de bien- être inhérent à notre temps. Le terme « BIO » fait particulièrement « du bien » (à l’oreille). Ce terme rassure car il évoque tout à la fois, la nature, la qualité et la bonne santé.

A l’inverse « pollution », « produit chimique », « additif », « artificiel », sont des termes anxiogènes et synonymes de méfiance, d’environnements dégradés, de danger et de conséquences négatives pour notre santé.

Et pourtant, la nature est une formidable usine « chimique » et comme nous le savons tous, il existe aussi dans la nature des substances chimiques très dangereuses et parfois mortelles : « Tout est poison, rien n'est poison : c'est la dose qui fait le poison » (Paracelse 1537, Sieben defensiones).

Nous tenterons dans une première partie de comprendre ce que recouvre le mot « biodiversité », s’il a la même signification pour chaque citoyen et ce qu’il représente pour chacun d’entre nous. La biodiversité ne serait-elle pas davantage un concept qu’une réalité qui fait partie ou non de notre quotidien ?

Nous décrirons, en deuxième partie, cette biodiversité dans les « Outre-mer » et plus particulièrement en Guyane. Cette caractérisation nous montrera qu’il ne s’agit pas d’une ressource comme les autres.

Enfin, en troisième partie, fort de cette compréhension de notre rapport à la biodiversité et de sa caractérisation, nous montrerons qu’il existe un tropisme « naturel » de l’espèce humaine vers la biodiversité, comme facteur de bien-être, utile pour certains, indispensable pour d’autres. Mais cela fait-il de la biodiversité le principal ou l’unique moteur de l’attractivité des territoires ?

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« Mosaïque de végétation et d’eau » – Rizières de Mana, Guyane

1. La biodiversité, un concept ou une réalité ?

Nous verrons dans cette partie comment la biodiversité peut être vue soit au travers d’un prisme divergent qui oppose développement et conservation, soit au travers d’une conception convergente, qui considère la biodiversité comme une dimension dont nous faisons partie et non comme exogène aux êtres vivants que nous sommes.

1.1. Définition de la biodiversité

La biodiversité, mot composé des termes « bio » (du grec βίος « vie ») et « diversité », est la diversité de la vie sur la Terre. Elle s'apprécie en considérant la diversité des écosystèmes, des espèces et des gènes dans l'espace et dans le temps, ainsi que les interactions au sein de ces niveaux d'organisation.

Le terme « diversité biologique » est inventé par Thomas Lovejoy, biologiste américain, qui l’a utilisé dans deux publications en 1980. Par la suite, l’expression est contractée en « biodiversité » par Walter Rosen en 1986. Le terme est popularisé par le compte-rendu du congrès américain publié en 1988 sous le titre BioDiversity. Le Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992 est une étape majeure dans la prise de conscience internationale de la crise environnementale. C’est lors de ce sommet qu’est adoptée la Convention sur la diversité biologique. En reconnaissant la protection de la nature comme une « préoccupation commune à l’Humanité », cette Convention marque un jalon décisif. Cela a permis de donner un cadre à toutes les stratégies nationales en faveur de la biodiversité.

La biodiversité est un concept qui fait appel à de multiples disciplines scientifiques. Afin de mieux conserver et valoriser sur le long terme la biodiversité qui nous entoure, il convient de mieux la connaître. Aussi, les chercheurs sont largement impliqués dans la constitution d’une base de connaissances indispensable à la « bonne gestion des espèces et des milieux dans leur diversité ».

Une des sciences qui permet l’inventaire de la biodiversité est la taxonomie. Il s’agit de la science qui permet d’identifier, de décrire et classer les organismes vivants en taxons. On utilise également le terme « systématique », puisque les systématiciens cherchent à inventorier et classer l’intégralité du vivant.

C’est principalement le rôle des Muséums notamment celui du Muséum national d’histoire naturelle situé à Paris.

1.2. Méthodes de recensement de la biodiversité : une réalité

Les scientifiques ont mis en place des indicateurs précis permettant d’évaluer la biodiversité et son évolution. Il convient de noter que la mesure de la biodiversité ne concerne pas uniquement le nombre d’espèces au travers de l’indice de richesse spécifique, mais également le nombre d’individus par espèce.

Ainsi, à titre d’exemple, dans la plupart des cas, un site donné qui comporterait un grand nombre d’espèces avec un nombre limité à quelques individus par espèce, aurait une forte probabilité de voir sa biodiversité diminuer sur le long terme.

Afin de pouvoir comparer les niveaux de biodiversité, le nombre d’espèces recensées est ramené à une unité de surface. Mais cela ne suffit pas, il convient également de comparer la richesse spécifique à l’hectare, dans le cadre de protocoles de mesures identiques et ayant été suivis avec la même intensité (on parle aussi d’effort d’observation ou de collecte selon les méthodes de recensement utilisées).

De façon générale, les tendances s’observent sur des pas de temps relativement longs. Les causes de l’augmentation ou la diminution des effectifs des populations par espèce ne sont pas toujours connues et corrélées. C’est en croisant les informations de plusieurs natures que l’on peut tenter de comprendre les facteurs agissant sur la biodiversité et prendre les mesures correctives dans le cas où elle serait en danger.

Des questions se posent avec acuité sur les seuils qui permettent d’affirmer que la Diversité est en danger. Sur des pas de temps très longs par rapport à l’échelle humaine (plusieurs millions d’années) la biodiversité fluctue et des espèces apparaissent, et d’autres disparaissent. La question du maintien des espèces à l’échelle humaine se pose, en parallèle de la question de la concurrence pour la vie et la survie.

Les espèces « exotiques » forgent une « biodiversité nouvelle », qui devient au fil du temps, partie intégrante de notre quotidien (cf. photo page 1, Kourou). Au nom du respect des équilibres existants, doit-elle être combattue systématiquement et à tout prix ?

Notre perception de la biodiversité est-elle la même pour tous ou ne relève-t-elle pas de la construction d’un concept qui nous conduit à forger la nature telle que l’on voudrait qu’elle soit ?

1.3. La perception de la biodiversité : un concept

La complexité de la question de la biodiversité est telle qu’elle ne peut être appréhendée simplement par le cerveau humain dans la plupart des cas. En effet « percevoir » la biodiversité dans sa globalité signifierait pouvoir se représenter, dans l’espace et dans le temps, l’ensemble des espèces d’un territoire, leurs effectifs et les interactions avec leurs habitats, pour l’ensemble des plantes et animaux (y compris les micro-organismes). C’est véritablement impossible. La représentation de la biodiversité par le grand public renvoie le plus souvent à une image d’un espace naturel riche en plantes et animaux et faiblement perturbé par l’homme. La biodiversité correspond généralement pour un grand nombre d’individus à un milieu, un espace à forte « naturalité » (espaces au sein desquels la nature est prépondérante et peu perturbée).

« L’auteur Philippe Descola a mis en avant dans ses écrits la diversité des modes de représentation qui existent dans le monde. Dans certaines sociétés, l’homme est considéré comme un maillon d’un tout, appartenant à un système complexe au même titre que d’autres organismes vivants. Dans le Grand Nord, comme en Amérique du Sud, la nature ne s’oppose pas à la culture mais elle la prolonge et l’enrichit. Les animaux et les plantes sont, au même titre que les humains, caractérisés comme des

« personnes » à part entière. Là où les sociétés occidentales voient une séparation et une hiérarchie entre l’homme et la nature, d’autres voient certaines formes de continuité et de sociabilité entre l’ensemble des organismes vivants. En Occident, dans l’imaginaire collectif, la Nature constitue jusqu’à la fin du XVIIIème siècle des espaces peu contrôlés par l’Homme, desquels il faut s’extraire au maximum afin de maximiser le développement socio-économique des territoires. La destruction de l’environnement est vue alors comme un mal nécessaire au développement des sociétés humaines. La fin du XVIIIème siècle marque un tournant dans la vision des systèmes écologiques. L’apparition du romantisme dans le milieu de l’art (donnant une image fortement spirituelle des paysages naturels), couplée à l’apport de l’écologie scientifique, puis, à la construction des identités nationales (le paysage devenant patrimoine de la nation) a fortement influencé les dynamiques contemporaines de protection des espaces naturels » (Damien Deville, agroécologue et anthropologue, et Guillaume Bagnolini, responsable du Centre d’Ethique Contemporaine de l’Université Paul Valéry de Montpellier - http://refedd.org/biodiversite-concept-nature/)

Les sociétés traditionnelles, tout à la fois craignent et respectent la puissance de « Dame Nature » majestueuse et parfois tumultueuse, tantôt Dieu, tantôt Esprit. La nature incarne la vie éternelle et souvent l’homme se réincarne en un arbre, une montagne, poursuivant ainsi sa quête d’éternité.

Rappelons tout de même qu’avant le 18ème siècle, l’homme était partout sur la planète sauf à quelques rares endroits, en lutte pour sa survie, face à une nature souvent « perçue » ou vécue comme hostile.

L’exploitation mercantile des ressources vivantes change le rapport de l’Homme à la nature : de puissante elle devient utile, et d’utile rentable.

La crainte d’un épuisement des ressources apparaît très clairement en 1987 au travers du rapport Brundtland (Le rapport Brundtland est le nom communément donné à une publication, officiellement intitulée « Notre avenir à tous », rédigée en 1987 par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l'Organisation des Nations unies, présidée par la Norvégienne Gro Harlem Brundtland).

Par ricochet, une sur exploitation des ressources serait néfaste à l’homme, justifiée par une vision anthropocentrée de nos sociétés occidentales, enivrées par le succès du développement industriel de la fin du 18ième et du 19ième siècle.

De nos jours…

Le rapport à la « nature » est d’une tout autre nature.

La nature est conceptuelle : elle est disjointe de notre quotidien et la conscience de son importance, lui donne un statut particulier aux yeux d’une grande partie de la population occidentale.

Nous sommes sur une planète binaire : une « face » de notre planète vit des ressources vivantes et dépend de son maintien et de ses productions : il s’agit des sociétés rurales encore traditionnelles.

L’autre « face » de notre planète vit dans les villes et ne dépend plus directement des ressources vivantes (le prélèvement se fait dans une boutique ou un « supermarché ») et développe une nouvelle forme de respect pour la nature qui rend service et qui est source de revenus (pour les Etats, les entreprises, mais aussi pour les associations de protection de la nature et les Organisations Non Gouvernementales). On peut parler d’économie de l’Environnement.

C’est en ce sens que la biodiversité est un concept des temps modernes, issu d’une vision et d’une perception d’une société « conscientisée » et informée du risque de la disparition de l’espèce humaine et d’une grande partie du monde vivant.

En résumé, les visions du Monde vivant moderne et traditionnelle se rejoignent et convergent vers une impérieuse nécessité de préservation durable de notre biodiversité.

Cette convergence de vision et de concept n’annule en rien, voire exacerbe, les conflits d’usage dès que l’exploitation des ressources devient ou semble excessive. Des grands mouvements planétaires se sont formés dans le but de sauver la planète, de sauver la vie, alors que dans le même temps des intérêts économiques prônent un développement « biosourcé » créateur d’emplois et de bien-être.

La question du rapport au Monde vivant, et de la place que l’homme laisse à la nature représente un enjeu important pour l’action publique et se traduit par des choix dans les documents d’aménagement produits par les Collectivités territoriales qui influencent directement les modes de vie de leurs administrés.

2. La biodiversité, une ressource « pas comme les autres » ?

La gestion de la biodiversité fait l’objet en France d’une attention particulière. Une organisation complexe est mise en place, et pourtant, comme un peu partout sur la planète, nous assistons à une érosion de la biodiversité. Serait-ce parce qu’il ne s’agit pas d’une ressource comme les autres ?

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2.1. Comment  s’organise  la  gestion  de  la  biodiversité  au  niveau  international, national et au niveau régional ?

Il ne s’agit pas ici de présenter l’organisation de la gestion de la biodiversité de façon exhaustive mais d’en dégager les principaux schémas utiles à la compréhension de notre sujet.

Les outils de gestion des espaces naturels seront développés dans un second article car il est nécessaire de les présenter de façon plus détaillée. En résumé, il existe des labels internationaux (RAMSAR, Patrimoine Mondial de l’UNESCO, Réserve de Biosphère, etc.), des dispositifs nationaux (Parcs nationaux, Réserves naturelles nationales, etc.), des dispositifs régionaux (Réserves naturelles régionales, Arrêté de protection du Biotope, Parc naturels régionaux, etc.).

2.1.1. Au niveau International

Il est important de noter que la biodiversité constitue généralement un fort enjeu pour les Etats, principalement depuis le sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992 sous l’égide de l’ONU. Durant ce sommet une conscience planétaire s’affirme et se matérialise par la signature de la Convention pour la Diversité Biologique (CDB) aussi appelée Convention de Rio. Cette convention comme d’autres, donne lieu à des conférences entre signataires appelées COP (Conférence des parties). Ainsi, la COP21 réunissant les pays signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (signée en 1992 puis renforcée par le protocole de Kyoto en 1997) à Paris en 2015 a donné lieu à la signature de l’Accord de Paris. Il a été approuvé par l'ensemble des 195 délégations le 12 décembre 2015 et est entré en vigueur le 4 novembre 2016.

Il existe par ailleurs des conventions spécifiques concernant des sujets thématiques ou géographiques :

  • Convention internationale sur la protection des oiseaux, conclue à Paris en 1950
  • Convention internationale pour la protection des végétaux, conclue à Rome en 1951
  • Convention relative aux zones humides d'importance internationale, particulièrement comme habitats des oiseaux d'eau, RAMSAR, 1971
  • Convention sur la prévention de la pollution des mers résultant de l'immersion de déchets 1972
  • Convention du patrimoine mondial culturel et naturel (de l'UNESCO, 1972)
  • Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, ou Convention de Washington CITES 1973
  • Convention sur la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe (Berne, 1979)
  • Convention des Nations unies sur le droit de la mer 1982
  • Convention de Carthagène pour la protection et la mise en valeur du milieu marin dans la région des Caraïbes, signée à Carthagène (Colombie) le 24 mars 1983.

Il existe aussi des conventions plus spécialisées :

  • Convention pour la conservation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique (Convention de Canberra)
  • Convention africaine pour la conservation de la nature et des ressources naturelles (Convention d'Alger)
  • Convention pour la protection de la vigogne (Convention de Lima)
  • Convention pour la réglementation de la chasse à la baleine (Convention de Genève)
  • Accord international sur la préservation des ours blancs et de leur habitat (Accord d'Oslo)
  • Accord sur la conservation des albatros et des pétrels (Accord de Hobart)

Le « Changement climatique » n’est pas une thématique qui traite directement de la biodiversité mais c’est un problème susceptible de générer des forts impacts sur la biodiversité et cela à très grande échelle. A l’instar du protocole de Kyoto, d’autres conventions concernent également la biodiversité de façon indirecte, comme la Convention d'Aarhus ou Convention sur l'accès à l'information, la participation du public au processus décisionnel et l'accès à la justice en matière d'environnement (1998).

Le Conseil de l’Europe a adopté en 2000 la Convention européenne du paysage qui concerne également la biodiversité.

Au-delà des Conventions, il existe des organismes de recherche, des instituts internationaux qui accumulent des connaissances sur la biodiversité, sa préservation, sa gestion et sa valorisation.

La « Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques » (IPBES) est un organisme qui a été créé en avril 2012. Elle est destinée à « améliorer les liens » entre les connaissances et la prise de décision, elle entend identifier et élaborer des outils et des méthodes d’appui aux décisions qui  prennent en  considération toutes les connaissances pertinentes sur la biodiversité et les services écosystémiques, qu’elles proviennent de la recherche scientifique, des gouvernements, des organisations non-gouvernementales (associations, entreprises…) ou des acteurs locaux et autochtones.

BiodivERsA est un réseau européen d’agences et ministères qui programment et financent la recherche sur la biodiversité et les services écosystémiques en Europe. Le réseau regroupe 32 partenaires de 21 pays européens, dans l’hexagone et en outre-mer. Créé en 2005 et initialement financé par les 6e et 7e programmes cadres pour la recherche et l’innovation (FP6 et FP7), BiodivERsA est financé depuis 2015 par le programme cadre de la Commission européenne Horizon 2020. Les partenaires de BiodivERsA ont uni leurs efforts afin de développer une diversité d’activités, allant de la cartographie du paysage de la recherche à la programmation et au financement conjoint de recherches sur la biodiversité et les services écosystémiques. De surcroit, le réseau s’investit en faveur de l’implication des parties prenantes tout au long du processus de la recherche et œuvre à la dissémination des résultats des projets de recherche financés et à la transmission des connaissances.

Il existe donc concernant la biodiversité et le Développement durable, une organisation conséquente planétaire et globale (sommets de la Terre : Rio, Rio + 10, Rio+20, COP) et des organisations plus spécifiques en fonction des sujets et des territoires concernés.

Il est important de souligner, à ce stade, que la biodiversité est une ressource et qu’à ce titre sa préservation n’est pas uniquement une conviction individuelle ou collective, mais présente aussi un intérêt financier pour les individus et les Etats  par les profits qu’elle peut générer.

2.1.2. Au niveau national

Afin de mieux appréhender l’organisation de la gestion de la biodiversité à l’échelle de la France, le repère historique est une bonne porte d’entrée.

2.1.2.1. Dix grandes dates pour la prise en compte de la biodiversité en France

  1. 1957 : la loi n°57-740 du 1er juillet 1957 modifie la loi du 2 mai 1930 en lui ajoutant un article 8 bis permettant le classement d'un site en « réserve naturelle ». La première réserve naturelle nationale prise sur la base de cette disposition est celle du lac Luitel dans le massif de Belledonne, créée le 15 mars 196
  2. 1960 : ce n'est que par la loi n°60-708 du 22 juillet 1960, bien après la Suède en 1909 en Europe, que le statut officiel de parc national est créé en France métropolitaine, par une loi élaborée par le Ministère de l'Agriculture. Le premier parc national français, le parc national de la Vanoise est créé le 6 juillet 1963.
  3. 1967 : les Parcs naturels régionaux ont été créés en France par un décret signé par le Général de Gaulle le 1er mars 1967 : Son article 1er indique "qu'un territoire peut être classé en "Parc naturel régional" lorsqu'il présente un intérêt particulier, par la qualité de son patrimoine naturel et culturel, pour la détente et le repos des hommes et le tourisme et qu'il importe de le protéger".
  4. 1971 : création du ministère de l'environnement : C'est le 8 janvier 1971 que, sous l'impulsion du Président de la République Georges Pompidou, le premier ministère de l'Environnement voit le jour. Robert Poujade en devient le Ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de la Protection de la nature et de l’Environnement.
  5. 1976 : loi n°76-629 du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature. Elle stipule en son article premier que « La protection des espaces naturels et des paysages, la préservation des espèces animales et végétales, le maintien des équilibres biologiques auxquels ils participent et la protection des ressources naturelles contre toutes les causes de dégradation qui les menacent sont d'intérêt général ».
  6. 1990 : création de l'ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie).
  7. 1992 (3 janvier) : Loi sur l'eau (qui précise la loi de 1964)
  8. 2000 : l'ordonnance n° 2000-914 du 18 septembre 2000 relative à la partie législative du Code de l'environnement codifie à droit constant l'ensemble des textes législatifs du droit de l'environnement. La création du code de l'environnement  a pour conséquence juridique d'abroger l'ensemble des lois antérieures au 21 septembre 2000 pour les organiser en sept livres dans un seul Code.
  9. 2002 (du 26 août au 4 septembre) : Sommet de Johannesburg dit « Rio +10 ». Plus de 100 chefs d'État, plusieurs dizaines de milliers de représentants gouvernementaux et d'ONG ratifient un traité prenant position sur la conservation des ressources naturelles et de la biodiversité. Le Brésil y présente le Parc national des Tumuc humac (ou Tumucumaque en portugais) d’une surface de 3.8 millions d’ha.
  10. 2007 : Du 6 juillet au 25 octobre 2007 s’est tenu  le "Grenelle de l’environnement" qui réunissait des représentants de l’Etat, des ONG investies dans les questions environnementales, les partenaires sociaux et les collectivités locales. Loi  Grenelle I, Loi Grenelle 2.

(Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_du_droit_de_l%27environnement_en_France)

Les principales dates concernant la période post 2010 sont présentées dans la suite de l’article au fil du texte.

2.1.2.2. Les outils de la gouvernance et de la connaissance de la biodiversité en France

  • La Gouvernance de la biodiversité
    • Conseil national de la protection de la nature (CNPN). Rénové par la loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 relative à la « reconquête » de la biodiversité, de la nature et des paysages, le Conseil national de protection de la nature est l’instance d'expertise scientifique et technique, compétente en matière de protection de la biodiversité et plus particulièrement de protection des espèces, des habitats, de la géo-diversité et des écosystèmes.
    • Comité national de la biodiversité (CNB). Créé par la loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 relative à la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages et mise en place le 23 mars 2017, le Comité national de la biodiversité (CNB) est l’instance d’information, d’échanges et de consultation sur les questions stratégiques liées à la biodiversité. Il peut être consulté par le gouvernement sur tout sujet relatif à la biodiversité ou ayant un effet notable sur celle-ci.
    • Conseil général de l’Environnement et du Développement durable (CGEDD). Est chargé de conseiller le Gouvernement dans les domaines de l’environnement, des transports, du bâtiment et des travaux publics, de la mer, de l’aménagement et du développement durables des territoires, du logement, de l’urbanisme, de la politique de la ville et du changement climatique. Dans ce cadre, il mène les missions d’expertise, d’audit, d’étude, d’évaluation, d’appui et de coopération internationale que lui confie le Gouvernement. Il est également chargé d’une mission d’inspection générale portant sur la régularité, la qualité et l’efficacité de l’action des services de l’État placés sous l’autorité du ministre de la Transition écologique et solidaire, ainsi que des établissements publics placés sous leur tutelle. Il siège en formation d’autorité environnementale pour émettre des avis et rendre des décisions sur la qualité des évaluations environnementales et la prise en compte de l’environnement par les projets et les plans-programmes qui sont soumis à son examen. Les missions régionales d’autorité environnementale (MRAe) remplissent les mêmes fonctions sur les plans-programmes, les documents d’urbanisme et certains types de projets spécifiques vis-à-vis desquels la compétence d’autorité environnementale leur a été reconnue.
    • Société civile. Elle s’organise en fédérations d’associations de protection de la nature et d’organisations non gouvernementales à dimension internationales influentes auprès des pouvoirs locaux et des Etats : LPO, FNE, WWF, Conservation International, etc.
    • Société Française d'Ecologie (SFE). La Société Française d’Écologie et d’Évolution a été fondée en 1968, en tant que Société d’Écologie. La SFE est une association loi 1901, reconnue d’utilité publique et membre de l’European Ecological Federation et International Association for Ecology (INTECOL). Elle a pour objectif de faire rayonner les sciences de l’écologie et de l’évolution en France en promouvant le développement, l’intégration et le partage des connaissances sous tous ses aspects. Il existe de nombreuses autres associations de ce type plus ou moins spécialisées (Société entomologique de France, Société Française pour l'Etude et la Protection des Mammifères, etc.)
  • Recenser et mesurer la biodiversité :
    • MNHN : Le Muséum national d'histoire naturelle est un établissement français d'enseignement, de recherche et de diffusion de la culture scientifique naturaliste. Fondé en 1793 en continuité du Jardin royal des plantes médicinales créé en 1626, c'est l'un des plus anciens établissements mondiaux de ce type. Il a en charge la mise en place et le suivi de l’INPN (Inventaire national du Patrimoine naturel).
  • NatureFrance, le site national d'information sur les données pour la biodiversité :
    • Observatoire national de la biodiversité (ONB) L'Observatoire national de la biodiversité (ONB) est un projet participatif ouvert à tous les acteurs intéressés par la production d'informations précises et documentées sur la biodiversité en France et ses interactions avec la société française. Les informations publiées par l'ONB sont complétées en continu. L'ONB est piloté depuis le 1er septembre 2017 par l'Agence française de la biodiversité (AFB) avec l'appui du Service de la donnée et des études statistiques (SDES) du Ministère de la transition écologique et solidaire et de l'unité mixte de service "Patrimoine Naturel" (UMS PatriNat) - centre d'expertise et de données sur la nature qui rassemble le Museum national d'histoire naturelle (MNHN) l'AFB et le CNRS. L'ONB est responsable du suivi de l'état et de l'évolution de la biodiversité et des interactions entre biodiversité et société. À ce titre, il est chargé de proposer des indicateurs de suivi – notamment pour la stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) – et de les mettre à disposition de tous.
    • Le Système d'information sur la nature et les paysages (SINP) : le SINP est une structure nationale française, lancée en février 2007 et animée au niveau régional par les directions régionales de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL), sous l'égide du Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie. Il recense et rassemble les dispositifs d’observation concernant la nature et les paysages français (incluant l'inventaire du patrimoine géologique). En mai 2011, son portail internet a été rénové et « basculé » sur un nouveau site dit NatureFrance qui rassemble le SINP et l’Observatoire national de la biodiversité (ONB) issu des propositions du Grenelle de l'environnement de 20071.
  • Centre de données et d'expertise sur la Nature. Créée en janvier 2017, l’unité mixte de service Patrimoine naturel - PatriNat assure des missions d’expertise et de gestion des connaissances pour ses trois tutelles que sont l’Agence française pour la biodiversité (AFB), le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS).
  • Instituts de recherche, Universités : ils sont souvent regroupés en Unités Mixtes de recherche ou de service, ou en plateformes. A titre d’exemple, La Fondation pour la Recherche sur la biodiversité (FRB) est une plateforme entre les différents acteurs scientifiques et les acteurs de la société sur la biodiversité. Elle a été créée en 2008, suite au Grenelle de l’environnement, avec le soutien des Ministères de la recherche et de l’écologie et de huit établissements publics de recherche français (BRGM, CIRAD, CNRS, IFREMER, INRA, IRD, IRSTEA, et MNHN), rejoints en 2014 par LVMH et en 2017 par l'Université de Montpellier. Elle a pour but de susciter l’innovation, de promouvoir des projets scientifiques en lien avec la société et de développer des études, des synthèses et des expertises relatives à la biodiversité. À ce jour, plus de 170 structures, associations, entreprises, gestionnaires ou  collectivités, ont rejoint la  FRB. Le Centre d’Analyse et de Synthèse sur la biodiversité (CESAB) a été créé et développé par la FRB en 2010. Le CESAB invite à une nouvelle façon de faire de la recherche sur la biodiversité en exploitant mieux les données et les informations existantesIl accueille dans ses locaux des groupes de chercheurs pour des sessions de travail qui s’inscrivent dans la durée. La FRB remplace l'Institut français de la biodiversité (IFB), groupement d'intérêt scientifique (GIS) créé en décembre 2000.
  • Des agences nationales de moyens et opérateurs en matière de biodiversité
    • L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’énergie (ADEME) est un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) français créé en 1991. Il est régi par la loi n° 90-1130 du 19 décembre 1990 et le décret n° 91-732 du 26 juillet 1991. L'ADEME participe à la mise en œuvre des politiques publiques dans les domaines de l'environnement, de l'énergie et du développement durable. Afin de leur permettre de progresser dans leur démarche environnementale, l'Agence met à disposition des entreprises, des collectivités locales, des pouvoirs publics et du grand public, ses capacités d'expertise et de conseil. Elle aide en outre au financement de projets, de la recherche à la mise en œuvre dans ses domaines d'intervention.
    • L'Agence française pour la biodiversité (AFB) est un établissement public du ministère de la Transition écologique et solidaire. Elle exerce des missions d’appui à la mise en œuvre des politiques publiques dans les domaines de la connaissance, la préservation, la gestion et la restauration de la biodiversité des milieux terrestres, aquatiques et marins. Elle vient en appui aux acteurs publics notamment par des financements et de l’expertise mais interagit également avec les acteurs socio-économiques. Elle a aussi vocation à aller à la rencontre du public afin de mobiliser les citoyens en faveur de la biodiversité. L’AFB gère notamment les parcs naturels marins et le sanctuaire de mammifères marins Agoa aux Antilles. Elle est opératrice et animatrice de sites Natura 2000 en mer. Les parcs nationaux sont rattachés à l’AFB. L’Agence participe au suivi de la mise en œuvre des directives européennes et stratégies nationales (notamment la stratégie nationale pour la biodiversité) et des conventions internationales, appuie la présence française sur les sujets de la biodiversité et de l’eau au sein des instances internationales et européennes. La mission en matière de réglementation et de contrôle se renforce via l’Office national de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS).

2.1.2.3. Une stratégie nationale

La France s’est dotée depuis 2004 d’une stratégie nationale de la biodiversité avec des objectifs chiffrés et une évaluation périodique des actions conduites (SNB : 2004-2010 / 2011-2020).

Cette stratégie nationale est complétée par les stratégies régionales pour la biodiversité pilotées au niveau local par les Régions.

2.1.3. Au niveau régional

Au niveau régional, la gouvernance de la gestion de la biodiversité a largement évolué depuis les lois Grenelles 1 et 2 en 2009 et 2010, puis dans le cadre de la loi pour la « transition énergétique pour la croissance verte » d’août 2015.

La loi n°2014-58 du 27 janvier 2014 de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles précise en son article 3 que « la Région est chargée d’organiser, en qualité de chef de file, les modalités de l’action commune des collectivités territoriales et de leurs établissements publics pour l’exercice des compétences relatives à […] la protection de la biodiversité ».

C’est bien désormais les Régions, en Guyane la Collectivité Territoriale de Guyane, en Martinique la Collectivité Territoriale de Martinique, qui pilotent la stratégie pour la protection et la valorisation de la biodiversité sur leurs territoires.

2.1.3.1. Stratégie régionale pour la biodiversité

Les stratégies régionales pour la biodiversité contribuent, comme la stratégie nationale, à l’application du plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020 et à l’atteinte des 20 objectifs d’Aichi (du nom de la préfecture d'Aichi, au Japon). Adopté par les Parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB) en octobre 2010, il constitue le cadre général pour les conventions relatives à la biodiversité. Les Parties ont accepté de convertir ce cadre international général en stratégie et plan d’action nationaux pour la biodiversité d’ici deux ans ». Il vise à "Vivre en harmonie avec la nature", avec comme vision à l'horizon 2050 que d'ici là, « la diversité biologique est valorisée, conservée, restaurée et utilisée avec sagesse, en assurant le maintien des services fournis par les écosystèmes, en maintenant la planète en bonne santé et en procurant des avantages essentiels à tous les peuples ».

Les parties se sont notamment entendues pour

  • réduire au moins de moitié, ou lorsque c’est possible à près de zéro, le taux de perte d’habitats naturels, y compris les forêts ;
  • fixer un objectif de sauvegarde de la biodiversité pour 17 % des zones terrestres et des eaux continentales et pour 10 % des zones marines et côtières ;

Les gouvernements s’engagent en outre à restaurer au moins 15 % des zones dégradées et feront un effort spécial pour réduire les pressions affligeant les récifs coralliens.

Le rappel de ces engagements internationaux, et nationaux vise à indiquer qu’il existe un cadre préalable et des objectifs qui se doivent d’être déclinés en toute logique au niveau régional sans que ne soient écartées les adaptations au contexte local.

Mises en place dans quelques Régions à la suite de l’adoption de la première stratégie nationale pour la biodiversité 2004-2010, les stratégies régionales pour la biodiversité apparaissent dans la loi Grenelle 1 en 2009 (article 23). Avant la réforme territoriale de 2015, près de la moitié des régions de l’hexagone s’étaient dotées d’une stratégie régionale pour la biodiversité et, comme plusieurs collectivités outre-mer, les autres régions ont mis en en œuvre des politiques et des plans régionaux en faveur de la biodiversité. La mise en œuvre de la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages étend les stratégies régionales pour la biodiversité à l’ensemble du territoire français (article 8 « Les agences régionales de la biodiversité – voir plus bas – apportent leur soutien aux Régions pour l’élaboration de leur stratégie et assurent le suivi de sa mise en œuvre) (Référence : MTES)

2.1.3.2. Au niveau régional, trois instances principales d’expertises et de conseil : Le CSRPN, le CDNPS, le CEB

  • Le Conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN)

Il est institué dans chaque Région un conseil scientifique régional du patrimoine naturel. Ce conseil est constitué de spécialistes désignés intuitu personae pour leur compétence scientifique, en particulier dans les universités, les organismes de recherche, les sociétés savantes, les muséums régionaux. Il couvre toutes les disciplines des sciences de la vie et de la terre pour les milieux terrestres, fluviaux et marins. Ses membres sont nommés par arrêté du préfet de Région après avis du président du conseil régional.

Un décret en Conseil d’Etat définit sa composition, ses domaines d’intervention et précise les conditions dans lesquelles il est saisi. Le CSRPN se réunit à la demande du préfet de région ou du président du Conseil régional, en Corse, du président de la collectivité territoriale, en Guyane de la CTG et en Martinique de la CTM. L’article R. 211-21 du Code de l’Environnement, prévoit également la possibilité d'une auto-saisine à la demande d’au moins la moitié de ses membres. Cette instance doit également pouvoir être consultée, si besoin, par les préfets de départements et les collectivités territoriales autres que la Région.

  • La Commission Départementale de la Nature du Patrimoine et des Sites (CDNPS)

La commission départementale de la nature, des paysages et des sites concourt à la protection de la nature, à la préservation des paysages, des sites et du cadre de vie et contribue à une gestion équilibrée des ressources naturelles, et de l'espace dans un souci de développement durable. Elle est régie par les dispositions des articles 8 et 9 du décret n° 2006-665 du 7 juin 2006.

La CDNPS est présidée par le préfet et se compose de membres répartis en collèges : Les services de l’Etat, les élus des collectivités territoriales, les personnalités qualifiées en matière de sciences de la nature, de la protection des sites, les associations de protection de l’environnement, les personnes compétentes dans les domaines d’intervention de chaque formation spécialisée.

La Commission peut se réunir en 6 formations spécialisées dites : « de la nature », « des sites et paysages », « de la publicité », « des unités touristiques nouvelles », « des carrières », « de la faune sauvage et captive »

La formation dite « de la nature » a deux principales attributions : elle est chargée d’émettre un avis sur les projets d’actes réglementaires et sur les projets individuels portant sur les réserves naturelles, les biotopes, la faune et la flore, le patrimoine géologique et les établissements hébergeant des animaux d’espèces non domestiques (autres que les espèces de gibier dont la chasse est autorisée). Elle constitue une instance de concertation qui peut être consultée sur la constitution, la gestion et l’évaluation du Réseau Natura 2000 dans le département (hors départements et collectivités d’outre- mer)

La formation dite « des sites et paysages » a plusieurs attributions : elle peut prendre l’initiative des inscriptions et classements de sites conjointement avec l’état. Elle veille à l’évolution des paysages et peut être consultée sur les projets de travaux les affectant. Elle émet les avis prévus par le Code de l’Urbanisme.

  • Le Comité de l’eau et de la biodiversité (CEB)

La loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages pose les fondations d’une nouvelle gouvernance de la biodiversité, en faisant évoluer, dans les départements d’outre-mer, les Comités de bassin en Comités de l’eau et de la  biodiversité. L’article 16 de cette loi précise que, dans chaque département d’outre-mer, le Comité de l’eau et de la biodiversité, d’une part reprend les attributions du Comité de bassin préexistant, et d’autre part est une instance d’information, d’échange et de consultation sur tout sujet lié à la biodiversité terrestre, littorale, marine ou aux continuités écologiques.

2.1.3.3. Agences régionales de la biodiversité

Des agences régionales pour la biodiversité peuvent être créées en référence à la loi n°2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages. L’article 21 précise

« les Régions et l’Agence française pour la biodiversité peuvent mettre en place conjointement des délégations territoriales, dénommées « agences régionales de la biodiversité » auxquelles peuvent notamment  s’associer  les  départements,  en particulier  au  titre  de  leur  compétence  en matière d’espaces naturels sensibles. Ces délégations exercent tout ou partie des missions de l’agence, à l’exception des missions de police de l’environnement. Elles peuvent être constituées en établissements publics de coopération environnementale mentionnés à l’article L. 1431-1 du code général des collectivités territoriales ».

Les partenaires engagés construisent collectivement un plan d’actions en faveur de la biodiversité à l’échelle de leur territoire. On y retrouve notamment les quatre domaines d’actions suivants :

  • piloter des stratégies et mettre en cohérence des politiques publiques : par exemple, la stratégie régionale pour la biodiversité, la mise en œuvre de la séquence « Éviter, réduire, compenser » (ERC), la réalisation d’actions issues de schémas régionaux de cohérence écologique, le champ «économie/innovation et biodiversité », l’agro-écologie, etc.
  • animer des réseaux d’acteurs : notamment l’initiative « Territoires engagés pour  la biodiversité » (dans ses dimensions d’appui à l’émergence de projets, de labellisation, de mise en cohérence des financements et « d’essaimage »), l’ingénierie territoriale, la mise en place d’un « guichet unique » pour l’accès aux fonds, la constitution d’un réseau régional des gestionnaires d’espaces naturels, etc.
  • informer, sensibiliser et mobiliser : le déploiement et la coordination des aires éducatives, la formation et la sensibilisation des élus, l’organisation de conférences « grand public », etc.
  • améliorer la connaissance et sa diffusion : l’élaboration d’une stratégie régionale de la connaissance, la collecte et la structuration des données, l’observatoire régional de la biodiversité, les sciences participatives, etc.

2.2. Quelle est cette biodiversité « Outre-Mer » si importante à l’échelle européenne ?

L’ouvrage « Les Régions Ultrapériphériques, un capital d’exception pour l’Europe » réalisé et publié par le Parc naturel régional de la Guyane en 2007 aborde la biodiversité à l’échelle des Régions Ultrapériphériques et de l’Europe (RUP). Il y est rappelé que la biodiversité est le socle de nombreux secteurs comme l’élevage, la culture, l’industrie pharmaceutique, la cosmétologie, la communication, la recherche scientifique, l’écotourisme…

Quelques chiffres qui résument le poids des RUP dans la biodiversité européenne :

  • 750 fois plus d’espèces de plantes à graines par km2
  • 150 fois plus de mollusques continentaux par km2
  • 300 à 700 fois plus d’espèces de vertébrés par habitant

La Guyane à elle seule possède deux fois plus d’espèces de poissons d’eau douce, 1,5 fois plus d’espèces d’amphibiens et 2 fois plus d’espèces de Chauves-souris que les pays de l’Union Européenne réunis (3 fois plus que la France hexagonale, 103 espèces en Guyane contre 34 dans l’hexagone), alors que sa surface est 44 fois plus petite que celle de l’UE.

Pour les espèces endémiques, l’ensemble des RUP totalise 5 fois plus d’oiseaux, 4 fois plus de poissons et 3 fois plus de reptiles qu’en Europe, sur une superficie 37 fois plus petite.

A l’échelle de la France 80 % de la biodiversité se trouve dans les Régions et Collectivités d’Outre-Mer qui lui sont rattachées.

On relève par exemple en Guyane, 39 sites protégés et gérés sous divers statuts et labels internationaux, nationaux ou régionaux (Parc national, Parc naturel régional, Réserves naturelles nationales ou régionales, Réserves biologiques, zones RAMSAR pour les milieux humides).

Environ 45 000 espèces d’insectes sont  décrites dans l’hexagone, contre environ 25 000 pour la Guyane (y compris descriptions en cours) avec un potentiel de description très grand pour la Guyane. En effet, le Muséum national d’histoire naturelle estime à plus de 100 000, le nombre d’espèces d’insectes potentiellement présentes en Guyane.

Au-delà des chiffres, la diversité du vivant est aussi le reflet d’une diversité des milieux et des paysages. Les biotopes sont multiples et fragiles et il convient de les sauvegarder tout en permettant un certain usage de la faune et de la flore pour les besoins des populations locales et pour le développement économique.

A titre d’exemple, les principales espèces de Vanille exploitées à la Réunion et aux Antilles proviennent de Guyane.

D’après MULLER et MEYER (2012) « Globalement l’outre-mer français représente ainsi une richesse de plus de 10 000 espèces de végétaux vasculaires indigènes sur 120 000 km2, dont surtout 3480 espèces endémiques strictes de ces territoires, chiffre pouvant être mis en parallèle avec les 4900 espèces de la France métropolitaine (d’une surface de 547 000 km2), dont seulement environ 200 espèces (la plupart en Corse) sont des endémiques strictes du territoire métropolitain. »

La diversité est aussi spécifique car les espèces d’abeilles sans dard que sont les mélipones ne sont présentes qu’en zones intertropicales. Les mélipones constituent la base d’une activité économique importante notamment au Brésil qui commercialise ce miel à plus de 150 euros le kilo du fait de sa rareté et de ses propriétés remarquables, notamment antiseptiques.

2.3. Qu’est ce qui fait de la biodiversité une ressource « pas comme les autres » ?

La biodiversité est une ressource tout à fait particulière qui mérite toute notre attention, quel que soit le pays et quelles que soient les populations concernées : La biodiversité est une « ressource » qui se renouvelle toute seule. Cela paraît être une évidence, mais qui revêt une importance fondamentale.

En biologie, les plantes et les animaux ont développé de multiples stratégies de résistance, et d’adaptation aux contraintes extérieures ; mais une caractéristique majeure du monde vivant est que le stade de reproduction est souvent le stade le plus fragile.

Fragile en premier lieu car les parents sont fragilisés notamment sur le plan physiologique. Nous pouvons prendre le cas des femmes puisque l’espèce humaine fait partie de la biodiversité : 9 mois de grossesse et de multiples précautions à prendre pour que la nourriture, le stress, les produits toxiques n’affectent pas le développement de l’embryon.

Fragile en second lieu car la plupart des animaux et les plantes concentre à un moment donné tout leur patrimoine génétique en une cellule qui va fusionner avec une autre cellule afin de former un embryon qui se développera et aboutira à un être pluri-cellulaire adulte. En ce qui concerne l’Homme, nous sommes composés de près de 100 000 milliards de cellules qui proviennent toutes d’une cellule unique par division, différenciation et spécialisation.

En résumé la biodiversité, composée d’êtres vivants, est fragile par sa nature même et plus particulièrement au moment de son renouvellement (pour le cas des espèces « sexuées »).

Elle est riche à nos yeux car elle possède la faculté de se reproduire par elle-même en milieu naturel, mais en contrepartie est fragile, car la vie est un processus fragile qu’il convient de perturber le moins possible afin qu’elle puisse se développer.

Au fil des siècles, les humains ont su utiliser les ressources vivantes de notre planète tout en permettant que celles-ci se reproduisent et partagent nos espaces de vie.

Les temps modernes, et un développement économique parfois aveugle, mettent en danger cette faculté du vivant à se reproduire, jusqu’à nuire à notre propre santé.

Et  pourtant, nous en sommes globalement tous conscients,  la biodiversité peut-être  un  facteur important de la santé et du bien-être de nos populations.

C’est l’objet du prochain chapitre de cet article.

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Canal Roy, Kaw, Guyane

3. La biodiversité, facteur de bien-être et d’attractivité territoriale

La trajectoire de notre article nous a conduit à comprendre :

  1. Que la biodiversité est autant une « construction mentale » qu’une réalité
  2. Que sa nature profonde fait de la biodiversité une ressource particulière, en ce sens qu’elle peut se reproduire par elle-même, qu’elle évolue, mais qu’elle peut s’appauvrir, s’éteindre de façon irréversible, disparaître et que cet élément influence directement nos vies

La confection d’une image mentale qui nous fait du bien, et le tropisme positif qu’en tant qu’être vivant nous avons de façon générale pour les autres êtres vivants expliquent en partie le bien être que nous provoquent la biodiversité et la nature qui l’abrite.

Cette tentative de démonstration de l’attractivité de la biodiversité pour un territoire est illustrée par de nombreux exemples sur la planète et singulièrement en Outre-mer, ou le mot « diversité », n’est pas uniquement associé au terme « BIO » mais aussi, aux paysages, aux populations et à leurs cultures.

Le tropisme qu’exerce la biodiversité et de manière générale la nature sur les hommes est avant tout le fait que nous sommes nous-mêmes des êtres vivants et que notre constitution nous rapproche davantage d’un autre être vivant que d’un caillou par exemple. C’est un tropisme inconscient qui est du même ordre que le tropisme de l’homme envers l’eau, car nous en sommes constitués à plus de 60% ce qui rend cet élément indispensable à notre (sur)vie au quotidien.

La biodiversité est un facteur de bien-être comme nous l’avons développé dans le chapitre précédent, car elle nous soigne et nous nourrit. C’est un élément important car plus de 60 % de nos médicaments proviennent des plantes. Les substances produites par les animaux recèlent également des possibilités d’élaboration de nouveaux médicaments, notamment chez les insectes. La santé dans bon nombre d’enquêtes est le premier facteur de bien-être des populations.

La biodiversité est donc utile à nos loisirs, à notre confort et indispensable à notre santé.

Il est également intéressant d’analyser la place de la biodiversité dans l’attractivité d’un territoire. Alors que la biodiversité, les espaces naturels, ce que l’on peut regrouper sous le terme « nature », est un facteur de bien-être, nous savons que dans moins d’un siècle près de 80% de la population mondiale vivra dans des espaces urbanisés. En 1700, 7 % de la population mondiale vivait dans les villes ; aujourd’hui 55 % de la population mondiale est urbaine. Comment alors expliquer ce tropisme plus élevé pour les milieux urbains que pour les milieux dits ruraux de façon générale plus proche des milieux naturels. La réponse est relativement simple : emplois et services. La concentration, la qualité des activités qu’offrent les villes et le niveau de confort associé attirent les populations rurales.

Le nouveau modèle de société développé depuis le 18ième siècle dans un certain nombre de pays dits

« développés », est basé sur le développement de centres urbains à forte activité économique tout en protégeant une partie de leur patrimoine naturel en « réservoirs » de biodiversité et espaces de loisirs pour les citadins.

Il apparaît que ces espaces naturels qui abritent la biodiversité sont indispensables au bien-être des populations, et les termes « poumons » de la planète et aussi des villes sont de plus en plus employés. La ville est en quelque sorte la « mine » dans laquelle on va tirer ses revenus, mais l’endroit où l’on va se détendre, se reposer, l’endroit où l’on se sent bien et où l’on aimerait vivre est généralement un milieu empreint de nature.

Etant un espace de loisirs et de bien-être, il apparaît très clairement que la biodiversité et les paysages qu’elle structure et enrichit, constituent un des facteurs principaux d’attractivités des territoires.

Les collectivités locales mettent en œuvre des politiques et une organisation qui permettent de protéger, étudier, faire connaitre et rendre accessible ces espaces à forte naturalité.

La question qui se posent bon nombre de citoyens en France : le modèle développé par nos institutions est-il durable, tant sur le plan biologique de la survie des espèces que sur le plan économique ?

Sur le plan biologique, il apparaît que la biodiversité est en déclin de façon générale sur la planète et notamment dans les milieux marins. Il convient tant au niveau régional, que national et international, de mieux prendre en compte les impacts des activités humaines sur la faune et la flore et plus généralement sur les milieux naturels. Il est à noter qu’il existe des exemples réussis, notamment la chasse pour la subsistance plus respectueuse des périodes de reproduction et qui permet le renouvellement des populations d’animaux. Il ne s’agit donc pas de supprimer tout usage de la faune et de la flore sauvages mais bien au contraire de constituer des réservoirs au sein desquels la biodiversité se renouvelle. Nous l’avons évoqué dans le chapitre précédent, la reproduction est un stade fragile qui nécessite une protection et attention particulière.

Notons que l’énergie (le carburant) de nos cellules est produite par les plantes, seuls êtres vivants à transformer l’énergie du soleil en énergie organique.

Sur le plan économique, notre modèle français de gratuité d’accès aux espaces naturels soulève des questions à l’heure où les financements sont de plus en plus contraints. La question du financement et de l’entretien des espaces naturels se pose avec acuité. Cependant changer le modèle de gratuité peut induire des différenciations, voire des discriminations sociales. Rendre payant le poumon des villes reste une problématique à laquelle la société doit répondre, et qui contredit le principe de bien universel. Pour autant, le modèle français de la gestion de l’eau stipule que « l’eau paie l’eau ». C’est l’usager qui paie le service de l’eau dans notre pays. Et pourquoi ne pas appliquer ce principe à l’usager des espaces naturels ? Pour mémoire, par la taxe de séjour, les visiteurs sur la base des nuitées, contribuent à l’entretien et la valorisation des sites qu’ils visitent. Les aménageurs par la taxe d’aménagement contribuent à la gestion et à la valorisation des espaces naturels sensibles. Ces principes gagneraient très certainement à responsabiliser les usagers des espaces naturels et pourraient contribuer à rendre plus réel le concept de biodiversité.

Nous avons au cours de cet article, compris que la conscience de l’importance de la biodiversité n’est pas totalement suivie d’effet dans la vie quotidienne de nos citoyens.  Les termes « entreprises responsables », « pollueur payeur », « collectivité exemplaire » sont inscrits dans nos esprits et sont passés dans l’usage écrit et oral, mais à quand l’usager responsable et redevable au quotidien de chacun de ses actes ?

Conclusion

En conclusion, la biodiversité, comme concept et comme réalité nous a amené à questionner nos modèles de sociétés et nos modèles économiques. L’enjeu pour les villes et les milieux ruraux et naturels est tout de même de conserver un niveau satisfaisant de naturalité afin de garantir le maintien de la biodiversité dans un but de bien-être de nos populations. De multiples exemples existent de par la planète où la conjugaison d’un développement raisonné et d’une gestion responsable des ressources naturelles a permis d’augmenter notablement l’attractivité des territoires, de la dynamiser tout en améliorant les revenus et les conditions de vie de ses habitants (Parc naturels régionaux, Réserves de Biosphères,...)

Les collectivités locales et les pouvoirs publics de façon générale peuvent et doivent contribuer à « libérer » le potentiel d’attractivité des territoires.

Une gestion volontaire de la biodiversité par différents outils et mécanismes, associée à la préservation des patrimoines architecturaux et des paysages, à des savoir-faire et des produits locaux de qualité disponibles en circuits courts, ainsi que la mise en valeur économique des territoires démontrent qu’en 50 ans, la France a trouvé un modèle économique qui la maintient au rang de première destination touristique mondiale. En 2006, les Parcs nationaux développent le même concept dans leur zone d’adhésion que les Parcs naturels régionaux, renforçant ainsi le modèle économique décrit plus haut. Dans ce modèle, la biodiversité apparaît comme le moteur, le pilier de l’attractivité de ces territoires de bien-être et de développement.

Le pari de l’attractivité de territoires à but de loisirs et de récréation sur la base d’un label de qualité, semble gagné, même si beaucoup reste à faire et même si rien n’est définitivement acquis.

L’attractivité de territoires ruraux à forte naturalité, à but d’installation permanente est sous-tendue par le niveau d’emploi et de services.

Tout laisse à penser que dans les prochaines décennies, la densité urbaine ira en s’accroissant, et que dans le même temps la fréquentation des zones rurales et des milieux naturels sera de plus en plus saisonnière et à but de loisirs. Il apparaît donc très clairement que le maintien de la biodiversité et des espaces naturels, n’est pas uniquement l’affaire des petites communes et des zones rurales, mais doit également être la préoccupation des grands centres urbains qui « consomment » ces espaces d’oxygénation, d’évasion et de bien-être.

Le rôle des collectivités territoriales est bien d’embrasser ce défi sociétal majeur, pour que demain nos territoires ne soient pas des déserts économiques, vides de biodiversité et de nature mais soient, tout au contraire, riches en ressources vivantes, riches de leur biodiversité, riches de leurs compétences et riches de populations épanouies en interaction et en équilibre avec leur environnement.

Pour en savoir plus…

MULLER S. & MEYER JY, 2012. Les enjeux de la conservation de la flore et des habitats naturels menacés de l’Outre-Mer français. Rev. Eco. (Terre Vie), supplément 11.

MEYER JY., STRASBERG D., VIDAL E., JOURDAN H., DELNATTE C. & MULLER S., 2018. Quelle stratégie

de recherche pour une meilleure conservation de la biodiversité terrestre dans les îles tropicales ultramarines françaises ? Naturae art. 2018 (2) ; www.revue-naturae.fr

MULLER S., ROUHAN G. & CLERGEAU P., 2018. « En direct des espèces » : la biodiversité urbaine, enjeu de nature ou de société ? The Conservation, Academic rigor, journalistic flair.  http://theconversation.com/en-direct-des-especes-la-biodiversite-urbaine-enjeu-de-nature-ou-de-  societe-90146

De l’auteur

GOMBAULD P. & GACHET J.P., 1999. Préservation et valorisation des ressources naturelles en Guyane : quel compromis ? Journ. d’Agric. Trad. et de Bota. Appl. Vol. 40 (1-2).

GOMBAULD P., 2009 – Les espaces naturels : Atouts ou contraintes pour le développement des territoires ? in « Aménagement du territoire et développement durable. Les collectivités françaises de l’espace Amazonie-Caraïbe en quête d’un projet territorial » - colloque organisé les 18, 19 et 20 octobre 2007 par le CRPLC à la Faculté de droit et d’économie de la Martinique (Schoelcher) ». Université des Antilles et de la Guyane (UAG).

GOMBAULD Pet CHARLES-DOMINIQUE P., 2011 – Ressources naturelles et biodiversité. In « De la Recherche en Guyane : la science par l’exemple ». pp. 15-16. Collection Science et Découverte – PNR Guyane, éditions Ibis Rouge - PNRG. 122 p.

GOMBAULD P., 2015 – 21 trésors de la côte guyanaise…par l’image et la littérature. PNRG – COP21

Remerciements : mes remerciements d’adressent tout particulièrement à Sandrine RICHARD, Philippe LACHENAUD, Serge MULLER pour leurs conseils et la relecture du présent article.

Crédit photo : P GOMBAULD

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Engagement citoyen et exemplaire : Eco-Ecole les Citronniers de Cacao, Roura, Guyane

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Auteur :

GOMBAULD Pascal

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Créé le 08 janvier 2019
 

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